Tunisie: Importante manifestation à l'appel du parti Ennahda

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TUNISIE: IMPORTANTE MANIFESTATION À L'APPEL DU PARTI ENNAHDA

TUNIS (Reuters) - Des dizaines de milliers de personnes favorables au parti islamiste modéré Ennahda ont manifesté samedi à Tunis, une démonstration de force à même d'alimenter les tensions entre le président et le Premier ministre.

Cette manifestation dans le centre-ville de la capitale survient dans un contexte de crise économique, démocratique et politique dans le pays où une partie de la population craint une remise en cause des acquis de la "révolution de jasmin" de janvier 2011, déclencheur du "printemps arabe".

Pilier des coalitions successives depuis le renversement de Zine ben Ali en 2011, le parti Ennahda est dirigé par le président du Parlement Rached Ghannouchi.

"Nationalistes, islamistes, démocrates et communistes, nous avons été rassemblés pendant la dictature (...) et nous devons nous unir à nouveau", a déclaré Rached Ghannouchi à la foule, qui a défilé aux cris de "Le peuple veut protéger les institutions!" et "Le peuple veut l'unité nationale!"

Les dernières élections, en 2019, ont débouché sur un Parlement fragmenté et propulsé à la présidence Kaïs Saïed, qui a nommé Hichem Mechichi au poste de Premier ministre.

Les relations se sont tendues entre les deux hommes, en particulier depuis un remaniement ministériel décidé en janvier par le chef du gouvernement. Un changement de 11 ministres considéré comme favorable à Ennadha et au parti Qalb Tounes (Au coeur de la Tunisie) du magnat de la télévision Nabil Karoui, au détriment des alliés du président Saïed.

Pour Ennahda, la manifestation de samedi est un "soutien à la démocratie", mais ses détracteurs pensent qu'elle vise à mobiliser contre le chef de l'Etat - soulevant le spectre de mouvements de protestation concurrents dans le pays.

Depuis des semaines, la Tunisie est le théâtre d'importantes manifestations sur fond de crise économique.

L'économie du pays s'est contractée l'an dernier de plus de 8% et le déficit budgétaire a dépassé 12% du produit intérieur brut.

(Tarek Amara, version française Elizabeth Pineau)