Tunisie: grève des avocats après l’arrestation de l’un des leurs sur fond de durcissement du régime

En Tunisie, l’avocate Sonia Dahmani arrêtée samedi par des hommes en cagoule a fait l'objet ce jour d'un mandat de dépôt. Elle est placée en détention préventive, au moment même où ses deux confrères de la radio IFM, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont vu leur garde à vue prolongée de 48 heures. Tous ont été interrogés pour des propos qu’ils ont tenus dans les médias ou sur les réseaux sociaux, en lien avec la situation politique du pays. Un climat de répression en Tunisie qui a poussé les avocats à se mettre en grève, ce lundi 13 mai.

Les avocats tunisiens sont en colère et ont tenu à le faire savoir.

En robes noires, dans l’enceinte même du tribunal de première instance de Tunis, des photos de leur consœur à la main, ils ont laissé éclater leur mécontentement, à l’image de Me Amine Bouker, interrogé par le média tunisien, Kashf TV : « Me Sonia Dahmani a été kidnappée avec une méthode qui rappelle des scènes de feuilletons latino-américains, et cela ne fait pas honneur à ce pays qui se dit respectueux du droit. Évidemment, les avocats ne pouvaient pas rester silencieux face à cette situation. »

Des hommes cagoulés qui font irruption dans les locaux de l’Ordre des avocats, de mémoire d’avocat tunisien, on n’avait jamais vu cela.

Hatem Meziou, bâtonnier de l’ordre des avocats, annonce que l’affaire ne va pas et ne peut pas en rester là : « Ce qui s’est passé a eu lieu à l’ordre des avocats. Imaginez donc ce qui peut se passer chez un simple citoyen. Imaginez que des hommes cagoulés entrent chez vous de nuit sans que vous sachiez qui ils sont. On a dénoncé ces pratiques et on continue de le faire. C’est très grave et nous allons porter plainte contre ceux qui ont fait cela. »


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