Tunisie: face à la crise, l'UGTT se veut médiatrice auprès des dirigeants politiques

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À l’heure où la Tunisie traverse une grave crise économique et sociale, la centrale syndicale et la société civile ont voulu mobiliser pour sortir le pays de la paralysie. Une manifestation s'est tenue devant le parlement, à Tunis, vendredi 18 décembre. Divisée, l’assemblée peine en effet à faire avancer le processus législatif nécessaire aux réformes.

Avec notre correspondant à Tunis, Michel Picard

Fort de son prix Nobel de la paix, reçu en 2015 pour son rôle de pièce maîtresse du dialogue national, le syndicat UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) entend faire asseoir les différents acteurs à la même table. Une idée qui plait à Sidi Slim :

« L'UGTT a présenté au Président un projet pour résoudre tous ces problèmes, avec des points bien précis. L'UGTT, c’est le moteur de tout ça. Sinon, il y a deux solutions : changer la situation politique et économique qui s’aggrave de plus en plus ; ou bien c’est l’émeute. »

La crainte d'une chute similaire à celle du Liban

Pour relancer le pays, l’Union générale des travailleurs tunisiens peut être, selon Mohamed Ben Mahmoud, président du Réseau tunisien d’économie sociale et solidaire, une alternative aux dirigeants en place :

« J’estime que c’est grâce à l'UGTT que le pays n’a pas sombré dans l’islamisme terroriste total. Donc c’est un élément d’équilibre. S’il est bien entouré et appuyé par la société civile indépendante et experte, on peut créer une alternative et proposer des solutions. »

Et il y a urgence, à en croire l’universitaire retraité Ahmed Maouli : « On est très proche de la situation du Liban. Du point de vue du taux de chômage, du taux d’endettement, la paralysie économique, l’absence d’investissement, de croissance économique... Le pays est en danger. »