Tunisie : "La drogue est une échappatoire face à la crise économique et au carcan familial"

The Conversation

Salwa, 22 ans, est étudiante en cinéma à la faculté de Tunis. Elève modèle depuis l’école élémentaire, jeune femme dynamique, elle se rêve réalisatrice. Elle n’avait jamais bu, fumé ou sniffé quoi que ce soit avant son entrée à l’université. En trois ans, la drogue a changé sa vie.

"A l’université, les drogues sont partout, en accès libre", confie-t-elle. La jeune femme essaie un peu tout, ecstasy, kétamine, et tombe dans l’alcool : jusqu’à deux à trois bouteilles de vin et une dizaine de demis de bière par jour jusqu’à son dernier black-out. Elle développe un diabète.

L’étudiante déboussolée lutte contre ses addictions. Elle souhaite décrocher, mais ne sait pas vers qui se tourner. Son généraliste lui prescrit finalement des anxiolytiques. Elle s’enferme chez elle pour se sevrer, tout arrêter, seule, coupée de sa famille. "Ce n’est qu’une question de volonté", lui assure son médecin… Salwa appartient à la jeunesse tunisienne engagée qui vit de plein fouet les bouleversements de la Tunisie post-révolutionnaire. Modernisation, liberté d’expression… la société tunisienne repousse les tabous religieux et sociétaux. Symbole d’une liberté nouvellement acquise, l’usage des drogues se répand, mettant un terme à la politique répressive de l’ère Ben Ali.

Abordé de façon alarmante par les médias, le sujet arrive en force sur la (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi