Tunisie:

TUNIS (AP) — Le tribunal de première instance de Tunis a condamné lundi le directeur de deux journaux, Abdelaziz Jéridi, à quatre mois de prison ferme et une amende de 10.000 dinars tunisiens (près de 6.000 euros) pour diffamation envers un journaliste, a-t-on appris auprès de l'avocat du plaignant Chawki Tabib.

La plainte a été déposée par le journaliste tunisien Mohamed Krichène de la chaîne qatarie Al-Jazira à la suite de plusieurs articles jugés "diffamatoires" publiés sous le régime Ben Ali dans les hebdomadaires "Kol Ennass" (Tous les gens) et "Al Hadath" (L'Evénement). Le dernier en date était paru le 1er janvier dernier à deux semaines de la fuite du président déchu.

Dans ces écrits, dont plusieurs portaient la signature du patron de presse, le journaliste était traité tantôt de "traître" tantôt "d'agent des islamistes".

Le prévenu menait une campagne de dénigrement également contre les défenseurs des droits de l'Homme et les opposants. Après la chute du régime de Zine el Abidine ben Ali, il avait fait son mea culpa sur le plateau d'une chaîne de télévision privée, avançant que les articles incriminés lui parvenaient directement du ministère de l'Intérieur.

Le plaignant s'est déclaré "satisfait" de ce jugement qu'il considère comme "un signe positif quant au recouvrement par la justice de son intégrité". "C'est aussi un message rassurant qui signifie que nul ne pourra désormais bénéficier de l'impunité en cas d'atteinte à l'éthique de la profession journalistique", a-t-il dit l'Associated Press.

L'accusé pourra interjeter appel, selon Me Tabib. AP

xbb/sb

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