En Tunisie, 10 ans après la révolution, une génération perdue et en colère

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Quel lien entre Ryad, client d'un cybercafé clandestin d'un quartier pauvre de Tunis et fan de ­Manchester United ; Oussama Dahri, étudiant en sociologie passionné par le phénomène des Gilets jaunes ; et Farid, chômeur du Kef, région rurale, condamné à trente ans de prison - une première en Tunisie - pour avoir fumé du cannabis? Le sentiment que l'État cherche à les mater. Tous les trois sont dans la vingtaine. Ils n'ont pas participé à la révolution de jasmin, mais appartiennent à cette première génération de jeunes adultes dans une Tunisie post-Ben Ali où la crise économique - renforcée par la pandémie - fait des ravages : taux de pauvreté à plus de 15%, chômage des jeunes au-dessus de 35% et impossibilité d'exprimer sa colère.

Depuis le 14 janvier, dixième anniversaire du départ de l'autocrate Zine El-Abidine Ben Ali, des manifestations de colère sociale se succèdent dans le pays. D'abord dans les régions pauvres de l'intérieur, comme à Siliana ou ­Kasserine, avant de prendre dans les zones populaires du Grand Tunis, dont le quartier d'Ettadhamen, où vit Ryad. Ces trois derniers week-ends, le centre de la capitale a également été investi par les manifestants.

Le couvre-feu à 16 heures a été l'étincelle

"On ne voit pas d'évolution positive en Tunisie. Les élus sont corrompus. On est en colère, c'est normal. Peut-être que ceux qui ont fait la révolution en 2011 ne sont pas allés assez loin", juge Ryad. À 24 ans, ce chômeur diplômé en mécatronique trompe l'ennui du couvre-feu...


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