Le tueur schizophrène de deux soignantes à Pau autorisé à quitter une unité pour malades difficiles

Romain Dupuy, l'auteur du double meurtre perpétré dans un hôpital de Pau en 2004, ici en 2007. - Pierre Andrieu
Romain Dupuy, l'auteur du double meurtre perpétré dans un hôpital de Pau en 2004, ici en 2007. - Pierre Andrieu

La justice a accepté, jeudi à Bordeaux, la demande de Romain Dupuy, auteur des meurtres de deux soignantes à Pau en 2004, d'être transféré d'une Unité pour malades difficiles (UMD) vers un hôpital psychiatrique classique, selon une information obtenue auprès de ses avocats.

Fin 2007, Romain Dupuy, souffrant de schizophrénie, avait été reconnu pénalement non responsable de ses actes et n'avait pas été jugé pour les meurtres à l'arme blanche au centre hospitalier psychiatrique de Pau, d'une aide-soignante et d'une infirmière qu'il avait décapitée.

En Unité pour pour malades difficiles

Il est placé depuis 2005 en hospitalisation complète sans consentement à l'UMD de Cadillac, en Gironde, malgré les demandes régulières de transfert vers un hôpital psychiatrique classique de la part de ses avocats ces dernières années, contre l'avis des autorités.

Dans son ordonnance consultée par nos confrères l'AFP jeudi, la juge des liberté et de la détention (JLD), qui vérifie tous les six mois que le régime d'internement des hospitalisés psychiatriques sans consentement est en adéquation avec leur état mental, a considéré que "le placement de M. Romain Dupuy en Unité pour malades difficiles est devenu irrégulier" et ordonné sa levée.

"Il est constant et médicalement constaté que M. Romain Dupuy ne relève plus actuellement d'une hospitalisation en UMD", a également estimé la juge, qui a demandé un maintien de "l'intéressé en hospitalisation complète" hors UMD.

"Un revirement de jurisprudence capital"

L'an dernier, la juge des libertés et de la détention s'était déclarée incompétente sur la question du transfert de Romain Dupuy.

"Cette ordonnance constitue un revirement de jurisprudence capital. Elle instaure enfin un contrôle réel du juge judiciaire, en l'espèce le JLD, sur les mesures de soins sans consentement dans les UMD", ont réagi Me Hélène Lecat et Serge Portelli, les avocats de Romain Dupuy.

Selon eux, cette décision "s'inscrit dans l'évolution constante du droit en la matière après la reconnaissance de la nécessité d'une intervention du juge judiciaire pour contrôler désormais l'isolement et la contention des patients placés en psychiatrie".

Le préfecture de Gironde, favorable au maintien en UMD, ou le parquet, peuvent faire appel de cette décision dans un délai de 10 jours.

Article original publié sur BFMTV.com

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