Tueur de la rue d’Enghien : des « qualifications » discutables

William Malet, l'auteur des tirs rue d'Enghein, avait été remis en liberté le 12 décembre 2021, après une agression dans un camp de migrants.  - Credit:ESTELLE RUIZ / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
William Malet, l'auteur des tirs rue d'Enghein, avait été remis en liberté le 12 décembre 2021, après une agression dans un camp de migrants. - Credit:ESTELLE RUIZ / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le 8 décembre 2021, au petit matin, William Malet, 68 ans, pénètre en se faisant passer pour un joggeur dans un campement de réfugiés du 12e arrondissement de Paris, au pied de l'Accor Arena de Bercy. Armé d'un sabre, hurlant : « Mort aux migrants ! », il lacère plusieurs tentes occupées par des familles avant de se précipiter sur un homme d'origine soudanaise, la pointe de son épée en avant, le blessant gravement à la hanche et au dos ; puis il s'en prend à un mineur érythréen, l'atteignant avec sa lame avant d'être maîtrisé par trois occupants du campement.

Comme l'a raconté Le Monde, l'auteur, mais aussi sa victime majeure et ceux qui lui ont porté secours, ont tous été placés en garde à vue, le parquet mettant tout le monde dans le même sac sous la qualification de « violences en bande organisée ». Heureusement, les avocats commis d'office ont bien fait leur travail, fournissant au juge d'instruction les éléments lui permettant de séparer le bon grain de l'ivraie, les victimes et leur agresseur. Au bout du compte, William Malet fut le seul à être poursuivi dans ce que la justice a, pour autant, assimilé à une simple agression, une vulgaire rixe. Mis en examen pour « violences aggravées », Malet est placé le 10 décembre 2021 en détention provisoire et écroué à la maison d'arrêt de la Santé.

« L'intention » en question

Mal qualifier une infraction, c'est s'exposer à de graves déconvenues, pourrait-on dire en paraphrasant Camus. L'homme au sabre avait-il l'i [...] Lire la suite