Tuerie de Chevaline: le profil psychologique du tireur établi par une spécialiste britannique

Le village de Chevaline, théâtre d'un quadruple meurtre en 2012, le 18 février 2014 en Haute-Savoie - Jean-Pierre Clatot © 2019 AFP
Le village de Chevaline, théâtre d'un quadruple meurtre en 2012, le 18 février 2014 en Haute-Savoie - Jean-Pierre Clatot © 2019 AFP

Neuf ans après le quadruple meurtre de Chevaline, le parquet d'Annecy va confier le mystérieux dossier sur l'enquête au nouveau pôle judiciaire dédié aux "cold cases", les "crimes en séries et non élucidés" qui se trouve à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, a appris le Parisien ce mardi. Dans le cadre de cette nouvelle enquête,

La procureure d'Annecy, qui défend un choix assumé et sans pression, estime que ce nouveau pôle sera dôté de temps et de moyens plus appropriés pour la résolution de cette affaire. Pour cela, le journal francilien révèle que l'une des trois juges d'instruction du pôle pourra s'appuyer sur un nouveau document: un portrait-robot psychologique du tireur, réalisé en juillet 2020 par une "profileuse" britannique.

Une nouvelle juge d'instruction en charge

Cette spécialiste, consultante psychologue clinicienne médico-légale, a réalisé ce portrait après avoir lu des centaines de procès-verbaux et autres entretiens avec les enquêteurs français et britanniques, et après un travail d'analyse de la littérature criminologique existante sur "les tueries multiples".

Pour la profileuse, "il s’agit vraisemblablement d’un homme à 99 %, âgé entre 30 et 40 ans". Elle privilégie la piste de l'acte local et isolé, qui pourrait avoir été commis par un tueur de la région au profil psychologique instable. "J’envisage la théorie que l’auteur des attaques de Chevaline a agi sur une motivation interne propre à lui qui est entièrement indépendante des victimes de cette affaire", écrit l'experte.

La spécialiste considère qu'il pourrait s'agir d'une personne "au chômage ou dans un emploi non qualifié", "vivant seul" ou de façon isolée dans "un cadre familial renfermé". Elle évoque l'hypothèse qu'il puisse s'agir d'un "ancien militaire" ou de quelqu'un qui aurait un certain attrait pour les armes: "collectionneur, chasseur, pratiquant de tir en club ou un paramilitaire". Pour elle, "on peut raisonnablement penser que l’auteur est quelqu’un du coin".

Un homme placé en garde à vue en janvier

La psychologue n'exclut pas que le tireur soit atteint de troubles psychologiques, d'une forme de "paranoïa" ou qu'il soit "animé par la haine pour une communauté ou une cible particulière".

En janvier dernier, un homme a été placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur cette tuerie, dans laquelle trois membres de la même famille et un cycliste ont été tués. Le 5 septembre 2012, trois personnes résidant en Grande-Bretagne, ont été tuées dans leur voiture stationnée sur un parking d'une route forestière. Le père, sa femme et sa belle-mère ont été exécutés de deux balles dans la tête, des balles tirées avec une arme de collection.

Les deux fillettes du couple étaient présentes, l'une d'entre elles a été blessée, la seconde a été retrouvée saine et sauve dans la voiture. Un cycliste, un jeune père habitant la région, a lui aussi été tué. Il a reçu sept impacts. Peu de temps après le drame, les autorités avaient diffusé un portrait-robot d'un motard, surpris aux abords de la scène de crime par deux gardes forestiers. La piste de ce mystérieux motard a fini par être abandonnée en 2015.

Article original publié sur BFMTV.com

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