Tuerie de Chevaline: le pôle "cold cases" a demandé de nouvelles analyses ADN

Le village de Chevaline, théâtre d'un quadruple meurtre en 2012, le 18 février 2014 en Haute-Savoie (Jean-Pierre Clatot)
Le village de Chevaline, théâtre d'un quadruple meurtre en 2012, le 18 février 2014 en Haute-Savoie (Jean-Pierre Clatot)

Les juges d'instruction du pôle "cold cases" de Nanterre ont demandé de nouvelles analyses ADN dans le dossier de la tuerie de Chevaline pour tenter d'élucider ce quadruple meurtre commis en 2012, a appris l'AFP mercredi de source proche du dossier.

Des vêtements portés par une des victimes, des mégots de cigarette retrouvés sur les lieux et des fragments de l'arme utilisée sont examinés, assure cette source, confirmant des informations de RTL.

Contacté par l'AFP, le parquet de Nanterre a "uniquement" confirmé que "de nouvelles expertises techniques ont bien été relancées depuis début 2024 et confiées à plusieurs laboratoires publics et privés afin de tenter d'identifier le ou les auteurs de ces crimes".

"Nous n'avons pas encore le retour de celles-ci", a ajouté le ministère public.

Le 5 septembre 2012, un Britannique d'origine irakienne de 50 ans, Saad al-Hilli, son épouse de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans avaient été retrouvés morts dans leur voiture, tués de  plusieurs balles dans la tête, sur une route de campagne près de Chevaline, non loin du lac d'Annecy.

Un cycliste de la région, Sylvain Mollier, 45 ans, avait également été abattu.

L'une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, recroquevillée sous les jambes de sa mère, en était sortie indemne.

Le pôle national en charge des dossiers non-résolus ("cold cases") basé à Nanterre a récupéré le dossier en septembre 2022 et tente d'élucider cette affaire au retentissement international.

Me William Bourdon, avocat de plusieurs parties civiles sollicité par l'AFP, a affirmé que ses clients conservaient "espoir".

Des fragments de la crosse de l'arme, un pistolet de collection Luger utilisé par l'armée suisse dans les années 1930, avaient été retrouvés près de la BMW des victimes.

Mais le propriétaire de cette arme n'a jamais été identifié et les fragments de crosse font partie des éléments envoyés en analyse ADN.

"S'agissant de l'arme, le spectre s'est bien resserré", a estimé Me Bourdon.

Le mobile du tueur, qui a tiré 21 fois en quelques minutes, n'a jamais été établi.

Plusieurs pistes ont été examinées au fil de l'enquête: conflit autour d'un héritage, espionnage industriel ou tireur isolé agissant de son propre chef.

gd-js/bfa/hj