Tué par un drone sur son balcon: comment les Américains ont éliminé le numéro 1 d'Al-Qaïda

Le leader d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, fait allégeance au leader des talibans - Site Intelligence Group-AFP
Le leader d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, fait allégeance au leader des talibans - Site Intelligence Group-AFP

Une opération minutieusement préparée. Près d'un an après leur chaotique retrait d'Afghanistan en lien avec l'arrivée au pouvoir des talibans, les forces de sécurité américaines ont prouvé avec l'élimination du chef d'Al-Qaïda à Kaboul, rendue publique dans la nuit de lundi à mardi, qu'elles étaient en réalité loin d'avoir délaissé leurs opérations dans le pays.

La frappe de drone qui a permis de neutraliser Ayman al-Zawahiri, qui avait repris le flambeau de l'organisation terroriste en 2011 après la mort d'Oussama Ben Laden, a été rendue possible après des mois de planification. Mais aussi grâce à une arme dont l'existence n'a jamais été confirmée, les missiles Hellfire R9X "flying ginsu", découpant leur cible en morceaux.

Repéré plusieurs fois sur son balcon à Kaboul

Tout commence il y a plusieurs mois, quand des responsables américains sont mis au courant via divers canaux de renseignement de la présence dans la capitale afghane de la femme d'Ayman al-Zawahiri, ainsi que de ses enfants. Le renseignement américain se met alors sur la trace du chef terroriste. L'homme d'origine égyptienne est une cible prioritaire pour Washington. En plus de diriger Al-Qaïda depuis plus de 10 ans, il serait l'un des cerveaux des attentats du 11-Septembre, qui ont fait plus de 3000 morts.

Malgré les plus grandes précautions prises par sa femme pour ne pas révéler l'endroit où il se terre, Ayman al-Zawahiri est identifié dans un bâtiment du centre de Kaboul.

"Nous avons identifié Zawahiri à de nombreuses reprises, et pour de longs moments, sur son balcon, là où il a finalement été abattu", a expliqué lundi soir un haut responsable américain, après l'annonce de la mort du numéro 1 d'Al-Qaïda.

Le président Joe Biden est mis au courant. Se monte alors une opération top secrète pour neutraliser le terroriste. Parmi les exigences principales: ne surtout pas causer de victimes civiles, même au sein de la famille de Zawahiri. Le bâtiment est scrupuleusement étudié, ainsi que ses occupants.

En mai ou juin, les premières propositions d'opérations sont adressées à Joe Biden. Un nombre minime de conseillers est mis au courant, pour éviter tout risque de fuite.

Biden autorise l'opération le 25 juillet

Le 1er juillet, le président américain réunit dans la célèbre "situation room" de la Maison Blanche les plus hauts responsables américains, dont Bill Burns, le directeur de la CIA, Avril Haines, la directrice du renseignement national, et Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale. Lors de cette rencontre, Joe Biden est "très engagé dans les discussions et plongé dans les informations". Il pose des questions sur "ce que nous savons et comment nous le savons", a indiqué un responsable à CNN.

Autour de la table, les chefs du renseignement ont même apporté avec eux une maquette du bâtiment. Joe Biden veut s'assurer que la météo ou encore les matériaux de la maison ne viennent pas affecter toute tentative de neutralisation. En parallèle, une équipe d'experts juridiques examine les données fournies et établit les bases légales de l'opération.

Lundi 25 juillet, alors qu'il est à l'isolement après sa contamination au Covid-19, Joe Biden réunit à nouveau sa garde rapprochée. Selon plusieurs sources citées par les médias américains, il demande un "niveau microscopique" de détails afin de ne pas entraîner de victimes civiles. À la fin de la réunion, le président américain autorise une frappe ciblée.

Tué par un drone sur son balcon

Dimanche 31 juillet à l'aube, un drone américain survole Kaboul. Ayman al-Zawahiri se tient sur son balcon.

"La frappe a finalement été menée (...) par un aéronef sans pilote. Deux missiles Hellfire (sont tirés sur) Ayman al-Zawahiri, qui est tué", a raconté un haut responsable américain. "Il a été tué sur le balcon". Aucun de ses proches n'est blessé.

Selon les éléments fournis par la Maison Blanche, l'opération a nécessité l'emploi d'une arme dont l'existence même n'a jamais été confirmée: les missiles Hellfire R9X "flying ginsu", du nom d'une marque américaine de couteaux inspirés du Japon.

Cette version modifiée du missile américain serait dépourvue de charge explosive mais dotée de six lames qui se déploient avant l'impact pour découper la cible sans effet de souffle. Une photo de la voiture d'une cible supposée en Syrie en 2017 montre un énorme trou sur le toit du véhicule, l'intérieur déchiqueté, mais l'avant et l'arrière intacts.

"Cette mission a été préparée avec attention", s'est félicité Joe Biden dans son allocution, et elle a été "un succès."

Article original publié sur BFMTV.com

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