Trump, Trudeau et Peña Nieto signent le nouvel accord commercial nord-américain

Le président américain Donald Trump, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président sortant du Mexique Enrique Peña Nieto ont signé vendredi à Buenos Aires l'Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) qui succède à l'accord de libre-échange nord-américain (Alena). /Photo prise le 30 novembre 2018/REUTERS/Andres Stapff (Reuters)

par Caroline Stauffer et Roberta Rampton

BUENOS AIRES (Reuters) - Le président américain Donald Trump, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président sortant du Mexique Enrique Peña Nieto ont signé vendredi à Buenos Aires l'Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) qui succède à l'Acord de libre-échange nord-américain (Aléna) en vigueur depuis près d'un quart de siècle.

Ce nouvel accord commercial tripartite (USMCA en anglais) devra encore être ratifié par les parlements des trois pays avant d'entrer en vigueur.

Dans une allocution précédant la signature dans la capitale argentine, où les trois dirigeants sont réunis pour le sommet du G20, Trump a souligné le caractère "historique" de cet accord et rappelé qu'il avait dû batailler pour faire renégocier l'Aléna, entré en vigueur en 1994, qu'il jugeait défavorable aux Etats-Unis.

Cette renégociation de l'Aléna, promise par Trump pendant la campagne présidentielle de 2016, s'inscrit dans sa politique commerciale globale qui vise à réduire les déficits commerciaux des Etats-Unis. C'est le même objectif qui préside à ses relations avec la Chine.

A ses yeux, l'Aléna incitait les entreprises états-uniennes à délocaliser leur production au Mexique. Il a assuré vendredi que l'AEUMC permettrait de relocaliser ces emplois perdus, notamment dans le secteur automobile, et a ajouté que sa ratification par le Congrès des Etats-Unis ne devrait pas poser problème.

Dans son intervention, Justin Trudeau, qui continue de parler de "nouvel Aléna", a relevé pour sa part que cette nouvelle entente commerciale apportait de la stabilité à l'économie canadienne et levait le risque d'incertitude.

S'adressant à Trump, il a toutefois souligné que Washington et Ottawa devaient continuer de travailler pour supprimer les droits de douane américains imposés sur l'acier et l'aluminium.

Enrique Peña Nieto, dont le mandat s'achève ce vendredi, a déclaré pour sa part que l'AEUMC profiterait à chacun de leurs trois pays et favoriserait la prospérité de l'Amérique du Nord.

Après plus d'un an de négociations souvent houleuses - Trump a menacé de "déchirer" l'accord de 1994 et d'en retirer purement et simplement son pays -, les Etats-Unis et le Canada sont parvenus fin septembre à un compromis qui a permis de sauver la zone de libre-échange tripartite.

Les objections de Washington aux mesures de protection du marché canadien pour les produits laitiers ont constitué l'une des principales sources de tension durant la négociation.

Depuis cet accord de principe, les trois parties ont continué de batailler sur la formulation des détails de l'AEUMC. Quelques heures à peine avant la signature à Buenos Aires, les négociateurs débattaient encore.

(avec David Ljunggren à Ottawa et Sharay Angulo à Mexico; Henri-Pierre André pour le service français)

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