Trump le tribun retrouve les estrades de meeting devant des milliers de partisans

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Donald Trump lors d'un discours devant le parti républicain de la Caroline du Nord à Greenville, le 5 juin 2021

Des milliers de personnes attendaient samedi soir Donald Trump dans l'Ohio, où l'ancien président américain doit tenir son premier grand meeting de campagne depuis qu'il a quitté la Maison Blanche, organisé en soutien d'un candidat républicain au Congrès.

"Très grande foule à Wellington", s'est réjoui Donald Trump dans un communiqué samedi après-midi. "On se voit tout à l'heure!"

Parmi ses partisans patientant dans la chaleur de l'été, certains portaient des T-shirts "Trump 2024", espérant ainsi contribuer à motiver l'ancien président flirtant déjà avec une nouvelle candidature.

"Je suis venu ici pour soutenir Trump, pour qu'il se présente à la présidentielle", a expliqué à l'AFP Philip Mesi, 52 ans. "Biden est horrible, il ne fait pas du bon travail", tandis que "Trump avait créé des emplois", a-t-il estimé.

Joe Biden "est le pire président qu'il soit", a pour sa part jugé Laura Benas, 57 ans, qui comme beaucoup ici ne croit pas en la défaite du républicain en 2020, et parle d'une "corruption très profonde dans le gouvernement américain".

Banni des réseaux sociaux après l'assaut meurtrier du Capitole, le 6 janvier, le tribun a prononcé deux grands discours publics depuis son départ de Washington il y a cinq mois.

Mais l'ambiance plus feutrée des salons conservateurs n'avait alors ressemblé en rien à l'atmosphère survoltée de ses célèbres meetings en plein air.

A Wellington, près de la ville industrielle de Cleveland, l'ex-président républicain apparaîtra vers 19H00 (23H00 GMT) sur scène devant ses supporteurs, dont certains ont campé depuis plusieurs jours sur place.

La petite bourgade rappelle celles visitées par le milliardaire lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2016 et 2020.

Et cette semaine, il a repris son slogan de campagne, remanié avec son célèbre sens de l'hyperbole... et ses majuscules: "MAKE AMERICA GREAT AGAIN, AGAIN!" ("Rendre, encore, à l'Amérique sa grandeur!").

Le magnat de l'immobilier âgé de 75 ans n'a toujours pas reconnu explicitement la victoire de son successeur, Joe Biden. Il continue au contraire à crier à la fraude électorale, même si ses dizaines de plaintes ont été rejetées y compris par des juges qu'il avait nommés.

Sur scène samedi soir, il devrait une nouvelle fois évoquer ces allégations infondées sur le scrutin de 2020. Le "plus grand crime du siècle", avait-il ainsi lancé début juin lors de la convention du parti républicain de Caroline du Nord.

Immigration clandestine "à des niveaux record", cyberattaques, prix de l'essence en hausse... Il avait alors dépeint une image calamiteuse du début de mandat Biden.

- Encore influent -

Le meeting de samedi soir est organisé pour soutenir un ancien conseiller de Donald Trump, Max Miller, qui se présente contre un républicain siégeant à la Chambre des représentants, Anthony Gonzalez.

Ce dernier, qui représente l'Ohio, fut l'un des dix républicains de la chambre basse, sur 211, à voter en faveur de la mise en accusation de Donald Trump lors de son procès en destitution pour "incitation à l'insurrection".

Accusé d'avoir encouragé ses partisans à se lancer à l'assaut du Capitole, où les parlementaires étaient réunis pour certifier la victoire de Joe Biden, l'ex-président avait finalement été acquitté en février 2021 par le Sénat, alors contrôlé par les républicains.

Depuis, le tempétueux new-yorkais a juré de tout faire pour que ses rares accusateurs républicains ne soient pas réélus.

Banni des grands réseaux sociaux Twitter et Facebook après l'attaque, il reste, malgré ce silence forcé, très influent chez les républicains.

Et a promis de jouer un grand rôle pour soutenir les candidats pro-Trump lors des élections-clés de mi-mandat ("midterms") de novembre 2022.

Derrière cette mission affichée, le milliardaire laisse surtout planer la perspective d'une nouvelle candidature présidentielle en 2024.

Et il compte bien renforcer sa présence publique dans les prochains mois.

Dès mercredi, il se rendra au Texas pour visiter la zone frontalière avec le Mexique et revenir sur l'immigration clandestine, l'un des sujets centraux de sa présidence. Puis le 3 juillet, il organisera un autre grand meeting à Sarasota, en Floride.

Pour l'élu démocrate Tim Ryan, qui représente l'Ohio à la Chambre, Donald Trump et ses meetings ne représentent pas une si grande menace électorale.

"Il a encore le soutien d'un noyau dur", reconnaissait-il récemment dans des déclarations à l'AFP. "Je pense simplement que ses fans sont de plus en plus déconnectés du quotidien des citoyens ordinaires. Et cela se sent."

elc-la/roc

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