Trump supprime les mesures d'Obama contre le réchauffement

par Valerie Volcovici
Donald Trump a annulé mardi par décret une bonne partie des réglementations contre le réchauffement climatique mises en place par l'administration Obama, afin de stimuler la production d'énergies fossiles sur le sol américain. /Photo prise le 28 mars 2017/REUTERS/Carlos Barria

par Valerie Volcovici

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a annulé mardi par décret une bonne partie des réglementations contre le réchauffement climatique mises en place par l'administration Obama, afin de stimuler la production d'énergies fossiles sur le sol américain.

"Mon administration met un terme à la guerre contre le charbon", a dit le locataire de la Maison blanche avant de signer le décret.

"Par le décret promulgué aujourd'hui, je prends des mesures historiques pour lever les restrictions sur l'énergie américaine, pour en finir avec l'intrusion du gouvernement et abroger les réglementations destructrices d'emplois".

La principale mesure visée par ce décret sur l'"indépendance énergétique" est le Clean Power Plan, introduit par Barack Obama en 2014, et qui était au coeur des efforts engagés par l'ancienne administration démocrate pour lutter contre le changement climatique.

Contraignant les Etats à réduire d'un tiers d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005, les émissions de dioxyde de carbone dans les centrales électriques, le plan n'a toutefois jamais été mis en oeuvre en raison des recours en justice déposés par plusieurs Etats républicains.

Le Clean Power Plan devait permettre aux Etats-Unis de respecter les engagements souscrits dans l'accord de Paris de décembre 2015, qui entend limiter la hausse des températures à moins de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Le décret de Donald Trump demande à l'EPA (Agence de protection de l'environnement) d'enclencher un processus de "révision" formel du projet.

Une révision susceptible de déclencher de nouvelles contestations en justice, qui pourraient, selon certains procureurs généraux des Etats, durer plusieurs années.

Le texte prévoit en outre d'annuler l'interdiction de l'octroi de nouvelles concessions de mines de charbon sur des terres fédérales, d'assouplir les règles sur l'émission de méthane dans les exploitations gazières et pétrolières et de réduire la place accordée à la lutte contre le réchauffement climatique dans les agences du gouvernement.

LES ÉCOLOGISTES SE MOBILISENT

Donald Trump a promis de relancer l'industrie du charbon américaine et d'"embrasser la révolution des gaz et huiles de schiste", sources d'emplois indispensables selon lui.

Les experts et cadres du secteur se demandent cependant si ces mesures auront un impact important.

"Je ne peux pas vous dire combien d'emplois seront créés par le décret mais je peux vous dire que ça donne confiance dans l'engagement de cette administration pour l'industrie du charbon", a déclaré à Reuters le président de l'association du charbon du Kentucky.

Les groupes de défense de l'environnement ont annoncé leur intention de déposer des recours.

"Ce décret ignore la loi et la réalité scientifique", a déclaré le président du groupe Earthjustice, Trip Van Noppen.

L'écrasante majorité des scientifiques est convaincue que les énergies fossiles sont un facteur primordial du changement climatique, un phénomène que Donald Trump et plusieurs membres de son administration mettent en doute.

Pendant sa campagne, le futur président américain avait promis que les Etats-Unis se retireraient de l'accord de Paris mais il n'a plus évoqué le sujet depuis son élection le 8 novembre et son texte reste muet sur la question.

Christiana Figueres, ancienne secrétaire exécutive de la Convention-cadre sur le changement climatique, qui a participé à l'élaboration de la COP21 à Paris, juge que le décret Trump sur l'énergie est une erreur.

"Essayer de rendre les énergies fossiles compétitives face au boom du secteur des énergies renouvelables (...), c'est aller à l'encontre du mouvement économique", dit-elle.

Selon une étude du département de l'Energie, les emplois dans l'éolien aux Etats-Unis ont grimpé l'an dernier de 32%, et ceux dans l'énergie solaire de 25%.

(Avec Timothy Gardner, Julie Carriat et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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