Si Trump revient, que va devenir l’Europe ?

Douze petites étoiles jaunes forment un cercle sur un fond d’un bleu sombre, qui vire au noir à l’arrière-plan. Les étoiles européennes isolées, c’est l’image qu’a choisie Foreign Policy pour évoquer la perspective de l’ostracisation du Vieux Continent par les États-Unis.

Le bimestriel américain consacre son édition estivale à la perspective d’une “Europe postaméricaine”, alors que l’hypothèse d’un retour au pouvoir de Donald Trump, qui a ouvertement remis en cause l’engagement des États-Unis à défendre ses alliés, est de plus en plus probable.

Ainsi, alors que les pays membres de l’Otan se réunissent à Washington du 9 au 11 juillet, Foreign Policy tente de se projeter : quel genre d’endroit serait cette Europe privée du parapluie militaire américain ?

“Second round”

Novembre 2016. L’Europe est encore sous le choc de la décision des électeurs britanniques de quitter l’Union européenne (UE), les dirigeants craignant que le Brexit ne déclenche un effet domino d’autres sorties. Les cicatrices de la crise de la dette européenne et les divisions amères sur l’immigration sont encore fraîches.

Quand soudain, la nouvelle tombe : Donald Trump a été élu président des États-Unis en 2016. Horrifiés, les Européens font ce qu’ils ne parvenaient plus à faire : ils s’unissent. “Trump a sorti les Européens de leur nombrilisme en leur rappelant ce qu’était leur union : la démocratie, le multilatéralisme et l’ordre fondé sur des règles”, résume Foreign Policy.

Huit ans plus tard, le résultat pourrait être tout autre. Alors que Trump et son discours “L’Amérique d’abord” aux relents anti-Otan sont en bonne passe de remporter l’élection présidentielle américaine de novembre 2024, les Européens “ne sont pas prêts pour un second round”, avertit l’article.

Trump 2.0 entrerait également en scène à un moment où l’Europe est “plus tendue et plus fracturée, sachant qu’“un plus grand nombre de gouvernements européens sont d’accord avec Trump et avec son dénigrement de l’UE.

Pour Hal Brands, spécialiste des affaires internationales, sans l’appui de Washington, “le continent pourrait avoir du mal à faire face aux menaces”, voire “revenir à un passé anarchique et illibéral”.

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