Trump reçoit Abbas à Washington, s'engage à oeuvrer pour la paix

par Jeff Mason et Matt Spetalnick
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (à gauche) a été reçu aujourd'hui à la Maison blanche par Donald Trump (à droite), qui a dit espérer que "quelque chose de fantastique" se produise entre Palestiniens et Israéliens. Le président américain s'est engagé à oeuvrer avec Israël et les Palestiniens pour parvenir à un accord de paix. /Photo prise le 3 mai 2017/REUTERS/Jonathan Ernst

par Jeff Mason et Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) - Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a été reçu mercredi à la Maison blanche par Donald Trump, qui a dit espérer que "quelque chose de fantastique" se produise entre Palestiniens et Israéliens.

Le président américain s'est engagé à oeuvrer avec Israël et les Palestiniens pour parvenir à un accord de paix et a appelé les dirigeants palestiniens à "parler d'une seule voix contre les incitations" à la violence.

Mahmoud Abbas a rappelé quant à lui son attachement à une solution à deux Etats basée sur les frontières de 1967, avant l'occupation de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est par Israël.

Donald Trump avait reçu le 15 février le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il s'était alors engagé à soutenir l'objectif d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens sans se prononcer explicitement en faveur d'une solution à deux Etats, ce qu'il n'a pas davantage fait en présence de Mahmoud Abbas.

"Nous allons faire avancer les choses", a promis Donald Trump au président palestinien en présentant les Etats-Unis comme un "médiateur, facilitateur ou arbitre" entre les deux camps.

"J'ai toujours entendu dire que l'accord le plus difficile à conclure était peut-être celui entre les Israéliens et les Palestiniens", a poursuivi le président américain. "Essayons de leur donner tort."

MINCES ESPOIRS

Mahmoud Abbas lui a répondu, par interprète interposé, qu'il faisait confiance à "son courage, sa sagesse et son talent de négociateur" pour parvenir à un "traité de paix historique" alors que le processus de paix est au point mort depuis 2014.

"Il est plus que temps qu'Israël mette fin à l'occupation de notre peuple et de notre terre", a-t-il ajouté.

Bien que les espoirs de relance du processus de paix soient minces dans un contexte d'accélération des constructions de logements dans les colonies israéliennes depuis l'élection de Donald Trump, un déplacement du président américain à Jérusalem est à l'étude pour les 22 et 23 mai, a-t-on appris de sources au fait des préparatifs.

Des responsables américains et israéliens n'ont pas souhaité confirmer cette visite, pendant laquelle Donald Trump pourrait rencontrer Mahmoud Abbas en Cisjordanie en plus de Benjamin Netanyahu à Jérusalem.

Les responsables palestiniens jugent difficile de se rasseoir à la table des négociations tant qu'Israël n'aura pas accepté de geler la colonisation en Cisjordanie, dont la reprise avait fait tourner court les précédents pourparlers sous l'égide des Etats-Unis il y a trois ans.

Lundi, le Hamas a néanmoins assoupli sa position envers Israël, dont il n'appelle plus à la destruction, même si le mouvement islamiste palestinien, grand rival du Fatah de Mahmoud Abbas, dénie toujours le droit à l'existence de l'Etat hébreu et maintient sa "lutte armée" contre lui.

(Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français)

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