Trump n'a pas prévu de concéder la défaite de si tôt, selon ses conseillers

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TRUMP N'A PAS PRÉVU DE CONCÉDER LA DÉFAITE DE SI TÔT, SELON SES CONSEILLERS
TRUMP N'A PAS PRÉVU DE CONCÉDER LA DÉFAITE DE SI TÔT, SELON SES CONSEILLERS

WASHINGTON (Reuters) - Après l'annonce samedi par les principales chaînes de télévision américaines de la victoire du démocrate Joe Biden à l'élection présidentielle aux Etats-Unis, Donald Trump et ses alliés ont fait comprendre clairement que le président républicain sortant n'entendait pas concéder de si tôt la défaite.

Donald Trump, qui a passé des mois à tenter de jeter une ombre sur les résultats du scrutin en dénonçant sans preuve une fraude, a promis samedi de poursuivre la bataille devant les tribunaux dans l'espoir que soient annulés les résultats dans les Etats ayant permis à Joe Biden de remporter la course à la Maison blanche.

Quatre jours après le scrutin de mardi, les conseillers du président sortant et des alliés républicains de celui-ci soutiennent largement cette stratégie, même s'ils diffèrent sur la marche à suivre.

"Cette élection est loin d'être terminée", a dit Donald Trump dans un communiqué publié par son équipe de campagne. "Joe Biden n'a été certifié vainqueur dans aucun Etat, et encore moins dans les Etats très contestés où l'on se dirige vers un nouveau décompte obligatoire, ou les Etats dans lesquels notre campagne a des procédures juridiques valides et légitimes qui pourraient déterminer le vainqueur final."

En privé, des alliés et des conseillers de Donald Trump admettent que les chances de l'ancien magnat de l'immobilier d'inverser les résultats de l'élection et de rester à la Maison blanche sont faibles. S'ils se préparent à devoir éventuellement concéder la défaite, ils demandent du temps pour laisser les procédures devant les tribunaux suivre leurs cours.

"Il devrait laisser les nouveaux décomptes aller au bout, déposer toutes les requêtes possibles, et si rien ne change, il devrait concéder la défaite", a dit un conseiller de Trump.

Les républicains ont lancé une levée de fonds dans l'espoir d'obtenir au moins 60 millions de dollars afin de financer les procédures juridiques dans plusieurs Etats, a appris Reuters de sources.

Un ancien représentant de la Maison blanche a déclaré que Donald Trump "devrait s'assurer que chaque vote est compté et demander de la transparence". "Cela le placerait sur des bases rhétoriques solides."

"PÉRIODE RAISONNABLE"

Hors de la Maison blanche, des républicains ont prévenu que Donald Trump pourrait ternir son héritage s'il n'effectue pas une sortie élégante et amenuiser sa future influence politique. "Il sera impossible pour lui de se présenter à nouveau en 2024 s'il est vu comme un mauvais perdant", a dit une source chez les républicains du Congrès.

Laura Ingraham, présentatrice de la chaîne Fox News et fervent soutien de Donald Trump, a appelé vendredi le sortant à accepter une issue défavorable "avec grâce et contenance" si le moment venait.

Le comité éditorial conservateur du Wall Street Journal a écrit que le président sortant devait "prouver" la fraude électorale qu'il dénonce.

Un conseiller de Donald Trump a fait savoir que le secrétaire général de la Maison blanche, Mark Meadows, aurait vraisemblablement été celui qui aurait évoqué avec Trump le principe de concéder la défaite, mais Meadows s'est placé en isolement après avoir été infecté par le coronavirus cette semaine.

Le vice-président Mike Pence ou le haut conseiller Jared Kushner, qui est aussi le gendre de Donald Trump, seront chargés de dire au président sortant d'admettre sa défaite lorsqu'il sera temps, a dit un ancien conseiller.

"Le président Trump a le droit de prendre le temps qu'il veut pour assimiler cela. C'était serré et ce n'est pas productif de demander une concession immédiate", a déclaré Ari Fleischer, qui fût porte-parole de la Maison blanche dans l'administration de George H.W. Bush.

"Le mieux, pour maintenir ce pays uni, est de laisser au président un laps de temps raisonnable pour accepter les résultats", a-t-il ajouté.

(Jeff Mason, Steve Holland et Andrea Shalal, version française Jean Terzian, édité par Benjamin Mallet)