Trump-Merkel, un clash logique

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Pouvait-il vraiment en être autrement ? Imaginait-on le président américain, Donald Trump, et la chancelière allemande, Angela Merkel, main dans la main pour témoigner d’une même vision du monde lors de ce premier contact noué vendredi à la Maison Blanche ? Il n’en fut évidemment rien tant les divergences semblent chaque jour un peu plus manifestes entre la nouvelle administration américaine et l’Allemagne en particulier ainsi que l’Union européenne en général.

Certes, le couple Trump-Merkel n’a pas manqué d’évoquer une rencontre productive. Mais les deux dirigeants ont campé sur leurs positions, le premier déclarant qu’il n’était pas un isolationniste mais un tenant du libre-échange, tandis que la seconde a poursuivi sa mise en garde contre le protectionnisme.

Dans le Bureau ovale, ils étaient assis côte à côte. Il y avait les déclarations et les gestes. Ou plutôt l’absence de geste comme lorsque les photographes leur demandent : «Une poignée de main ?» En vain, le visage de Trump reste d’une indifférence totale. Quelques secondes après, Angela Merkel se penche vers lui pour lui demander à son tour : «Vous voulez qu’on se serre la main ?» Pas un regard. Trump reste impassible. La séquence dit que le multimilliardaire continue de suivre son instinct. D’autres estimeront que s’il tarabuste le personnage central d’une UE en plein doute, c’est qu’il espère un recul de l’intégration européenne. Sans oublier qu’avant de quitter la Maison Blanche, Barack Obama avait réservé son dernier coup de téléphone en tant que président à Angela Merkel.

Il y a peut-être une dose de vendetta de Trump à l’endroit d’une chancelière qui a plusieurs fois souligné son attachement à la dignité de l’homme indépendamment de sa couleur de peau, de sa religion, de son orientation sexuelle… Reste à savoir si les coups de boutoirs qui s’annoncent vont pousser l’Europe à se reconstruire. Pour l’instant, rien n’est moins sûr. 



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