Trump invite le président palestinien aux USA

par Luke Baker
Le président américain Donald Trump a invité vendredi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (photo) à la Maison blanche. /Photo prise le 27 février 2017/REUTERS/Denis Balibouse

par Luke Baker

JERUSALEM (Reuters) - Le président américain Donald Trump a invité vendredi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à se rendre prochainement à la Maison blanche, ont annoncé leurs porte-parole respectifs.

Les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone pour la première fois depuis l'arrivée du milliardaire républicain à la Maison blanche le 20 janvier.

"Le président Donald Trump a invité officiellement le président Abbas à se rendre à la Maison blanche rapidement pour discuter du moyen de reprendre le processus politique, insistant sur son attachement à un processus politique qui débouchera sur une paix réelle entre les Palestiniens et les Israéliens", a déclaré Nabil Abou Roudeina, le porte-parole de Mahmoud Abbas.

Le porte-parole de la Maison blanche, Sean Spicer, a ensuite confirmé que Trump souhaitait voir Abbas à la Maison blanche "très bientôt".

Les dirigeants palestiniens sont inquiets de la position plus favorable affichée par Washington envers Israël et son Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche.

Depuis sa prestation de serment le 20 janvier dernier, le milliardaire républicain s'est entretenus au téléphone au moins deux fois avec Benjamin Netanyahu et le chef du gouvernement israélien a été reçu à Washington le mois dernier.

Mahmoud Abbas a abordé la question des colonies juives de peuplement dans les territoires palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est et la nécessité d'une solution à deux Etats pour régler le conflit, selon des responsables palestiniens.

"Le président Abbas a souligné l'attachement à la paix comme choix stratégique pour établir un Etat palestinien aux côtés de l'Etat d'Israël", a déclaré Nabil Abou Roudeina, selon l'agence officielle de presse Wafa.

ACCEPTABLE

Lors d'une conférence de presse le 15 février lors de la visite de Benjamin Netanyahu aux Etats-Unis, Donald Trump s'était montré ambigu sur la question de la solution à deux Etats, pilier de la politique américaine dans la région ces 20 dernières années.

"J'étudie à deux Etats et à un Etat, et j'aime celui que les deux parties aiment (...) Les deux me vont", avait déclaré le nouveau président, semant la consternation dans le monde arabe et dans de nombreuses chancelleries en Europe.

Depuis, la Maison blanche s'est montrée plus prudente sur le sujet et la question du transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, promesse de Trump durant sa campagne électorale, a été mise sous le boisseau.

Alors que l'un des premiers appels à un dirigeant étranger effectué par son prédécesseur, le démocrate Barack Obama, avait été un appel à Mahmoud Abbas, le républicain Donald Trump a été prudent dans ses contacts avec le monde arabe.

Il s'est entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah al Sissi et a rencontré le roi Abdallah de Jordanie qui a pris l'initiative et s'est rendu à Washington pour une visite impromptue.

Lors de la campagne électorale, Donald Trump avait indiqué qu'il ne considérait pas nécessairement les colonies comme un obstacle à la paix. Depuis son entrée en fonction, Israël a annoncé des plans pour construire des logements pour au moins 6.000 colons supplémentaires. Ce qui montre qu'Israël a pris les vues moins strictes de Trump sur le sujet comme un feu vert.

Mais, pendant la visite de Benjamin Netanyahu, Donald Trump lui a déclaré qu'il souhaitait qu'il "arrête les colonies pendant un petit moment", position qui a pris Netanyahu par surprise.

Depuis, Israéliens et Américains discutent de ce qui pourrait être acceptable en matière d'installations juives dans les territoires palestiniens.

(Avec Ari Rabinovitch et Nidal al Moughrabi et David Alexander à Washington; Danielle Rouquié pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages