Trump-Biden: que se passerait-il en cas d'égalité parfaite?

Céline Hussonnois-Alaya
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Donald Trump et Joe Biden  - JIM WATSON, Brendan Smialowski / AFP
Donald Trump et Joe Biden - JIM WATSON, Brendan Smialowski / AFP

C'est une première depuis vingt ans. Les Américains se sont réveillés ce mercredi sans connaître le nom de leur prochain président. Le duel est serré entre Joe Biden et Donald Trump et le dépouillement se poursuit ce mercredi dans sept États-clés.

Après un vote à la participation record - soit 66,9% contre 59,2% en 2016 - certaines villes sont débordées par le déluge de bulletins envoyés par correspondance. Ouvrir les enveloppes et scanner tous les bulletins pourrait ainsi prendre encore plusieurs heures, voire plusieurs jours.

· 270 grands électeurs pour être élu

Dans le système américain, le président est élu au suffrage universel indirect. Cela signifie que les électeurs désignent, État par État, des grands électeurs. Pour être élu, un candidat doit obtenir au moins 270 - la majorité absolue - de ces 538 grands électeurs.

Ce mercredi matin, le président sortant en comptait 213, en léger retard face au démocrate, qui en cumulait pour sa part 238. Il reste donc encore 87 grands électeurs à remporter. Que se passerait-il si Donald Trump et Joe Biden se retrouvaient à égalité parfaite et cumulaient chacun 269 grands électeurs?

· Le vote du Congrès

Ce cas de figure est prévu par la Constitution américaine. Selon le 12e amendement, si le collège électoral ne peut désigner aucun vainqueur, c'est le Congrès qui prend la main. En clair, la Chambre des représentants - à majorité démocrate - voterait pour désigner le nouveau président américain et le Sénat - à majorité républicaine - élirait quant à lui le vice-président.

Or, chacun des 435 élus à la Chambre des représentants ne vote pas. Ils sont regroupés par État. Ce qui signifie que chaque État dispose d'une voix. Le premier candidat à obtenir 26 voix est élu. Ce qui inverserait les forces et favoriserait Donald Trump: bien que les démocrates soient majoritaires, les républicains occupent le plus grand nombre d'États et disposent donc de plus de voix.

Quant à l'élection du vice-président, peu de place au doute. Chacun des 100 sénateurs vote individuellement, le Sénat étant à majorité républicaine, la victoire de Mike Pence serait quasi assurée.

· Un précédent

Ce scénario s'est déjà produit: en 1800, lors de l'élection du troisième président des États-Unis. Thomas Jefferson - l'un des rédacteurs de la Déclaration d'indépendance - était arrivé à égalité avec Aaron Burr, son candidat à la vice-présidence, tous deux démocrates. À l'époque, le candidat qui recueillait le plus de voix était élu président, le second devenait vice-président.

Il avait fallu 36 tours de scrutin à la Chambre des représentants pour que Thomas Jefferson soit finalement désigné vainqueur. Le 12e amendement avait ainsi été adopté quelques années plus tard pour distinguer l'élection du président de celle du vice-président et éviter qu'une telle situation ne se reproduise.

Article original publié sur BFMTV.com