Trump a appelé à "redémarrer l'Amérique": et maintenant ?

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·4 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Donald Trump
    Donald Trump
    Président des États-Unis de 2017 à 2021
  • Andrew Cuomo
    Andrew Cuomo
    Gouverneur de l'État de New York de 2011 à 2021

Washington (AFP) - Donald Trump a donné jeudi le coup d'envoi au "redémarrage de l'Amérique" sans fixer de cadre clair. Que va-t-il se passer maintenant dans la première puissance économique mondiale, où le coronavirus poursuit ses ravages ?

- Les gouverneurs aux manettes -

Le président américain caressait le rêve d'une reprise en fanfare. "Ce serait bien de redémarrer avec un Big Bang", déclarait-il le 8 avril. Lundi encore, il assurait disposer d'un "pouvoir absolu" pour imposer le déconfinement du pays.

Mais le scénario retenu n'est pas celui-là.

Donald Trump a fixé jeudi le cap mais les gouverneurs des 50 Etats restent à la barre.

Selon l'évolution locale du virus, ce sont eux qui décideront du calendrier et du rythme du redémarrage... et qui devront endosser la responsabilité en cas de résurgence du virus.

"Tout ce qu'il fait, c'est marcher en tête du cortège", s'est agacé le gouverneur démocrate de l'Etat de New York, Andrew Cuomo.

- Etat par Etat -

D'après le milliardaire républicain, 29 Etats relativement épargnés par le virus pourraient très rapidement -- voire immédiatement -- lever les restrictions.

Les premiers devraient être les Etats ruraux qui ont pris des mesures a minima comme les deux Dakota, le Wyoming ou le Nebraska.

Au Nord, dans la région des Grands Lacs, plus touchée, plusieurs Etats espèrent rouvrir partiellement leur économie d'ici deux semaines. "J'espère avoir des assouplissements le 1er mai", a déclaré, prudente, la gouverneure du Michigan.

Les Etats sur la ligne de front attendront. Le confinement a ainsi été prolongé jusqu'au 15 mai dans l'Etat de New York, épicentre de la pandémie avec près de 13.000 morts sur 34.000, et à Washington.

"On n'est pas du tout prêt" pour un déconfinement, a renchéri vendredi le gouverneur du Maryland, Larry Hogan, qui prévoit un "pic" des contaminations la semaine prochaine dans la région de la capitale.

- Secteur par secteur -

"On a un plan pour faire redémarrer l'Ohio, mais ce sera graduel, une chose après l'autre", a tweeté le gouverneur Mike DeWine.

La Floride rouvrira certaines plages pendant quelques heures dès vendredi et les parcs et restaurants pourraient suivre prochainement.

Le Texas rouvrira ses parcs lundi et les commerces pourront renouer avec les ventes, par livraison ou collecte des paquets, dans une semaine. Mais les écoliers ne retrouveront pas les salles de classe avant l'été.

Dans l'Etat de Washington (nord-ouest), le géant de l'aéronautique Boeing compte reprendre graduellement la production la semaine prochaine.

- Une reprise sous surveillance -

Les experts répètent qu'il faut pouvoir surveiller la résurgence du virus et réagir vite le cas échéant, ce qui passe par des capacités massives de dépistage et un programme efficace de traçage de leurs contacts.

Les Etats-Unis ont connu de gros couacs au début de la pandémie avec des tests insuffisants, mais ont déployé de gros efforts depuis. Plus de 3,4 millions de personnes ont désormais été testées.

"Les capacités restent insuffisantes", a cependant déploré Andrew Cuomo, qui réclame des aides fédérales pour les Etats.

Quant à l'identification des personnes ayant croisé les malades, des applications sur téléphones portables sont à l'étude. Mais Tom Frieden, ancien directeur des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) estime qu'il faudra recruter massivement pour avoir environ 300.000 "traceurs de contact".

"Leur travail sera un retour aux bases de la santé publique: parler aux gens, traiter les patients comme s'ils étaient des VIP, gagner leur confiance, les aider à se souvenir", a-t-il expliqué à l'AFP.

- Les enjeux -

Dès le début, Donald Trump a affiché son impatience face à des mesures de confinement qui plombent l'économie et handicapent sa campagne de réélection.

En début de mois, il souhaitait les lever pour Pâques. Il s'est ensuite ravisé, mais ne cesse de déplorer le coût pour les entreprises et les salariés de cette mise à l'arrêt de pans entiers du pays.

De fait, plus de 22 millions de personnes se sont inscrites au chômage au cours des quatre dernières semaines, les ventes au détail ont chuté de 8,7%, la construction immobilière de 22,3%...

Partout dans le pays, des manifestants, proches des partisans les plus à droite du président, se sont rassemblés ces derniers jours pour réclamer la fin du confinement.

Soufflant sur les braises, Donald Trump a appelé dans des tweets vendredi à "LIBERER" le Michigan, le Minnesota et la Virginie, trois Etats gouvernés par des démocrates.

Mais selon un sondage Pew publié jeudi, deux tiers des Américains se disent inquiets d'une levée des restrictions trop rapide.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles