Les troupes américaines désormais réduites à 2 500 en Afghanistan comme en Irak

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À moins d’une semaine du départ de Donald Trump du pouvoir, le chef du Pentagone, Christopher Miller, a annoncé vendredi que les forces américaines présentes en Afghanistan et en Irak avaient été réduites à 2 500 hommes dans chaque pays.

Alors que Joe Biden s’apprête à prendre ses fonctions à la Maison Blanche, l’administration Trump a annoncé que le contingent militaire américain en Afghanistan et en Irak avait été fortement diminué.

"Aujourd'hui, les effectifs militaires américains en Afghanistan s'élèvent à 2 500 soldats", a indiqué dans un communiqué Christopher Miller, qui assume l'intérim à la tête du Pentagone depuis le limogeage début novembre de son prédécesseur, Mark Esper, lequel rechignait à accélérer ce retrait.

"Les États-Unis sont plus près que jamais de mettre un terme à près de 20 ans de guerre", a-t-il ajouté, citant les pourparlers de paix entre les Taliban et le gouvernement en cours depuis septembre 2020 à Doha.

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Avec 2 500 soldats, la présence militaire américaine en Afghanistan est désormais à son plus bas depuis les attentats du 11-Septembre. Pourtant, les discussions de paix interafghanes n'ont à ce stade permis aucune percée notoire et le gouvernement afghan accuse les Taliban de gagner du temps jusqu'au retrait total des forces américaines du pays prévu en mai, conformément à l'accord séparé entre les États-Unis et les insurgés signé en février 2020.

Donald Trump promet depuis 2016 de mettre un terme aux "guerres sans fin" et Joe Biden veut aussi réduire les opérations sur le terrain afghan, la plus longue intervention américaine de son histoire, lancée après les attentats du 11 septembre 2001, fomentés par le groupe jihadiste Al-Qaïda, basé à l'époque en Afghanistan, pays dirigé par les Taliban.

Près de 7 000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 ont été blessés depuis le lancement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard.

La présence militaire américaine en Afghanistan a varié au fil des ans depuis 20 ans, atteignant jusqu'à 100 000 hommes en 2010. Ils étaient encore 13 000 il y a un an.

Paix "peu probable" en Afghanistan

Le retrait américain risque de pousser les autres pays de l'Otan qui participent à la mission "Resolute Support" à réduire eux aussi leurs contingents en Afghanistan.

L'Alliance atlantique se réunira en février avec Joe Biden pour décider des suites à donner à sa mission dans ce pays.

Pour Benjamin H. Friedman, du centre de réflexion progressiste Defense Priorities, ce nouveau retrait d'Afghanistan est "une bonne nouvelle". "Ce n'est pas parce que le retrait représente une victoire mais parce que c'est une reconnaissance d'échec qui n'a que trop tardé", ajoute-t-il, estimant qu'il devrait "continuer sous le gouvernement de Joe Biden".

Une présence militaire américaine "ne rendra pas un accord de paix entre les Taliban et le gouvernement afghan plus probable", selon l'expert. "Malheureusement, la paix est peu probable."

"Les États-Unis restent en Irak"

En Irak, le niveau du déploiement militaire américain a lui aussi été réduit à 2 500 hommes, une réduction qui "reflète la hausse des capacités de l'armée irakienne", a ajouté Christopher Miller.

Cette réduction "ne signifie pas un changement dans la politique des États-Unis", a-t-il souligné. "Les États-Unis et les forces de la coalition restent en Irak pour assurer une défaite durable" du groupe État islamique.

"Nous continuerons à avoir une base de contreterrorisme en Irak pour soutenir les forces de nos partenaires avec des capacités aériennes et du renseignement", a-t-il conclu. "La plupart des opérations en Irak étaient déjà menées par nos partenaires irakiens."

Un an après l'assassinat par Washington du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, l'Irak s'est doté d'un Premier ministre plus proaméricain, Moustafa al-Kazimi, mais les pro-Iran maintiennent leur emprise sur le pays.

Les États-Unis maintiennent aussi quelque 900 hommes en Syrie, pour lutter contre une résurgence du groupe État islamique dans ce pays.

Avec AFP