Troubles bipolaires : 10 ans pour le bon traitement

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Dix ans en moyenne. Selon FondaMental, fondation de recherche dédiée à la lutte contre les maladies mentales, c’est le temps qui peut s’écouler entre un premier épisode de la maladie et l’instauration d’un traitement adapté. « Ce décalage s’explique par la méconnaissance de la maladie de la part des médecins, qui associent souvent les symptômes de la bipolarité à ceux de la dépression », explique la fondation.

Et pour cause : les troubles bipolaires se caractérisent justement par l’alternance d’épisodes de dépression et d’euphorie (ou maniaques). La reconnaissance de ces symptômes est donc capitale pour détecter et soigner au plus vite les malades, avec un traitement adapté combinant généralement traitement médicamenteux et thérapie. Chez les personnes atteintes de troubles bipolaires, le risque suicidaire est important : on estime que 20% d’entre eux décèdent des suites d’un suicide.

Les symptômes de l’épisode dépressif
Il « associe un certain nombre de symptômes, présents toute la journée et presque tous les jours (…) et durant au moins deux semaines », détaille le site de référence en santé mentale Psycom.org. Voici ces symptômes :

  • Humeur dépressive, tristesse ;

  • Perte d’intérêt ;

  • Fatigue ou perte d’énergie ;

  • Trouble de l’appétit (avec perte ou prise de poids) ;

  • Troubles du sommeil (perte ou augmentation) ;

  • Ralentissement/agitation psychomotrice ;

  • Sentiment d’infériorité, perte de l’estime de soi ;

  • Sentiment de culpabilité inappropriée ;

  • Difficultés de concentration ;

  • Idées noires, pensées de mort, comportement suicidaire.

Les symptômes de l’épisode maniaque
Il est défini comme « une période d’au moins 4 jours consécutifs, durant laquelle nous sommes expansifs ou irritables, très différents de notre façon d’être habituelle », avec la présence d’au moins trois des symptômes suivants :

  • Augmentation de l’activité ou agitation physique ;

  • Augmentation du désir de parler ;

  • Difficultés de concentration ;

  • Réduction du besoin de sommeil ;

  • Augmentation de l’énergie sexuelle ;

  • Achats inconsidérés, ou autre types de conduites insouciantes ou irresponsables ;

  • Augmentation de la sociabilité ou familiarité excessive.

Pour qu’un diagnostic de trouble bipolaire soit posé, il faut que la personne ait vécu au moins un épisode dépressif et un épisode maniaque ou hypomaniaque (moins grave qu’un épisode maniaque). Les périodes maniaques et dépressives, qui peuvent durer de quelques jours à quelques mois, ne se succèdent pas immédiatement : elles sont entrecoupées de longues périodes de rémission pendant laquelle la personne peut « fonctionner » normalement.

A noter : Si vous vous reconnaissez, vous ou l’un de vos proches, dans la description de ces symptômes, n’hésitez pas à en parler à votre médecin. Vous pouvez également vous rapprocher d’associations de patients comme Argos2001, qui organise régulièrement des conférences, des groupes de parole et dispose d’un service d’écoute par téléphone : 01 46 28 01 03.