Trou noir au centre de la Terre : comment un article délirant a été publié dans une revue scientifique

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Vous ne le saviez peut-être pas, mais le centre de la Terre est constitué d’un gigantesque trou noir « qui joue le rôle du plus grand système de télécommunication pour connecter les ADN, les ADN sombres et les molécules d'eau sur un collecteur à 4+N dimensions ». C’est le titre d’un article publié l’an dernier par 13 scientifiques dans la revue Macedonian Journal of Medical Science, une publication scientifique tout à fait officielle qui édite régulièrement des articles sur le diabète, la dépression ou l’immunologie. L’article est donc censé avoir été relu par un comité de rédaction, ce qu’on appelle l’évaluation par les pairs (peer review, en anglais).

Un amas de théories délirantes

Canular ? Résultat d’un algorithme fou ? Difficile en tout cas de croire à la thèse extravagante développée dans l’article, qui défie les lois fondamentales de la physique. Il est notamment expliqué qu’il existe un « ADN sombre » qui échange « des informations avec l’ADN normal, mais est également relié à certaines des molécules d'eau et les aide à stocker des informations et à avoir une mémoire ». La taille de cet ADN sombre serait « 109 fois plus longue que la taille du noyau de la Terre et son intérieur compactéEn compactant cet objet long, un espace-temps courbé émerge, et certaines propriétés des trous noirs apparaissent. Cette structure est la cause principale de l'émergence de la haute température du noyau [terrestre], du champ magnétique autour de la terre et du champ gravitationnel pour se déplacer autour du soleil ».

Coronavirus et 5G

Si vous n’avez rien compris, c’est normal. L’article est à l’avenant, truffé de citations et de schémas obscurs. Il n’avait pas fait grand bruit jusqu’à récemment, lorsqu’un chercheur de l’université de Caroline du Nord l’a remarqué sur Twitter. Quelques jours plus tard, l’article a été retiré par la revue, signe d’un malaise évident. L’affaire a tout de même de quoi soulever les interrogations. Le Macedonian Journal of Medical Science n’est...

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