Tropicale Amissa Bongo: aucun progrès pour les coureurs gabonais

Alors que la Tropicale Amissa Bongo, course phare du continent africain, fêtera en 2021 sont quinzième anniversaire, le cyclisme gabonais est toujours aussi peu développé. L'ancien champion du monde Abraham Olano, sélectionneur des Panthères, n'a visiblement pas les moyens de ses ambitions.

De notre envoyé spécial au Gabon,

« Ce sont les Gabonais qui vont gagner », racontait avec une belle naïveté un gamin au départ de Mitzic lors de la troisième étape. Avec son frère jumeau, ils étaient loin de se douter que la sélection gabonaise vit des moments compliqués pour cette quinzième édition de la Tropicale Amissa Bongo. L’équipe a perdu la moitié de son effectif avant d'enchaîner la quatrième étape à Lambaréné le jeudi 23 janvier. Au bord du fleuve Ogooué, appuyé contre sa voiture, le sélectionneur Abraham Olano semblait perdu et perplexe avant le départ qui emmenait les coureurs à Mouila, à 190 kilomètres de là.

Abraham Olano n'a rien pu changer

L’Espagnol, champion du monde en 1995, n’a visiblement pas l’oreille du ministère des Sports gabonais. A l’entendre, le cyclisme ne semble pas être une « priorité ». « Si on veut des résultats, il faut faire des stages et aller courir régulièrement sur le continent », dit-il avec dépit en indiquant qu'il n'a pas de moyens pour travailler. Selon lui, la fédération ne reçoit pas les fonds necessaires pour développer le cyclisme au Gabon.

Entre l’édition 2019 et celle de 2020, un coureur de la sélection raconte qu’il n’a participé à aucune course. Une hérésie pour qui connait le sport cycliste. Le groupe a tout juste eu droit à un rassemblement de vingt jours du côté de Franceville en décembre dernier. « Ce n’est pas une préparation optimale. On accumule de la fatigue, il faut gérer et c’est compliqué », assure Olano.

Pourtant, lors de son arrivée en 2015, Olano avait réussi à faire venir ses coureurs pour un stage de 45 jours chez lui en Espagne. Les athlètes gabonais semblaient mieux préparés pour de l’édition 2016. « Là-bas, certains ont fait plus de kilomètres (4500) que lors d’une saison entière », nous racontait Olano à l’époque. « Le cyclisme, c’est avant tout du travail. Alors ce n’est pas possible de faire en quelques mois ce que d’autre ont construit en dix années », ajoutait le coach des Panthères recruté pour former une équipe nationale compétitive.

« Personne n'écoute Olano et c’est regrettable »

Abraham Olano, vainqueur du Tour d’ Espagne en 1998, devait relever un défi de taille dans un pays qui ne comporte aucun coureur professionnel : faire émerger le cyclisme gabonais au moins au niveau continental.

Aujourd’hui, la Tropicale Amissa Bongo ne permet toujours pas au cyclisme gabonais de prendre son envol. « Regardez les Erythréens. Ils n’ont pas la chance d’organiser une telle course mais ils sont capables de venir briller chez nous », avance un journaliste du pays.

« De la première à la quinzième édition, il semble que l’équipe nationale du Gabon est toujours plongée dans les mêmes soucis », explique un coureur qui regrette qu’il n’y ait aucune compétition et aucun championnat national d'organisé dans son pays. Le rescapé ajoute : « C’est vraiment regrettable pour l’équipe nationale du Gabon. Olano est un grand Monsieur du vélo qui aurait pu faire beaucoup plus pour nous. Je crois qu’il est très déçu par les autorités sportives. Personne ne l’écoute et c’est regrettable ».

Au départ de la prochaine Tropicale pour le quinzième anniversaire de la course, on n’est pas certain de croiser Abraham Olano sur les bords de l’Ogooué.