Pour la troisième fois, Nice "ville martyre" est touchée par un attentat

Justine Chevalier
·3 min de lecture
Au lendemain de  l'attentat de Nice sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016 - (illustration) AFP
Au lendemain de l'attentat de Nice sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016 - (illustration) AFP

C'est l'émotion, la tristesse et la colère qui dominent après l'attaque au couteau qui s'est produite dans la basilique Notre-Dame à Nice dans laquelle trois personnes ont trouvé la mort. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête au vu du mode opératoire de l'assaillant. Ce nouvel attentat replonge Nice dans l'horreur terroriste après les autres drames que la ville a connu ces dernières années.

"C'est le troisième attentat à Nice, déplore avec émotion Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes. Notre ville est une ville martyre et elle paie un lourd tribu à la menace islamiste. Nice est une fois de plus frappée."

L'attentat du 14 juillet

En plein cœur de la vague terroriste qu'a connue la France au cours des années 2015 et 2016, Nice a été frappé par un attentat le 14 juillet 2016. Au soir de la Fête nationale, des centaines de badauds s'étaient rassemblés sur la promenade des Anglais pour assister au traditionnel feu d'artifice lorsque Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, a lancé son camion sur la foule. 86 personnes ont perdu la vie dans cette attaque, et 458 autres ont été blessées. Des familles, des enfants figurent parmi les victimes. L'assaillant a lui été abattu par la police.

Au mois de juin dernier, le parquet antiterroriste a réclamé un procès pour neuf personnes soupçonnées d'avoir apporté une aide au terroriste. Une réunion devait se tenir mercredi entre un magistrat et les familles des victimes de cet attentat, qui a suivi celui de Charlie Hebdo puis celui du 13-Novembre. La réunion avait été annulée, provoquant la colère de la famille.

Deux militaires blessés en 2015

Quelques mois avant de ce drame, Nice avait déjà été le théâtre d'une autre attaque terroriste. Le 3 février 2015, Moussa Coulibaly, un délinquant radicalisé, s'en est pris à trois militaires de l'opération Sentinelle devant un centre communautaire juif, abritant le Consistoire israélite de Nice, la Radio Shalom et une association juive, à quelques mètres de la basilique Notre-Dame. L'assaillant avait porté plusieurs coups de couteau aux militaires, en blessant deux légèrement.

Exprimant que peu ou pas de regret lors de son procès l'an dernier, Moussa Coulibaly a été condamné à 30 ans de réclusion. Les magistrats de la cour d'assises spéciale ont estimé que l'assaillant avait fait preuve lors de cette attaque d'une "détermination quasi fanatique", appliquant "à la lettre les injonctions" de l'Etat islamique à commettre des attentats sur le sol français. Sa "dangerosité" n'a pas été atténuée avec les années de détention.

Menace terroriste élevée

L'attaque de ce jeudi intervient dans un contexte de menace terroriste élevé, une menace aussi élevée qu'en 2015. Au début de la semaine, le directeur général de la police nationale a adressé un appel à la vigilance à ses services. Il appelait notamment à renforcer les rassemblements, notamment religieux à l'approche de la Toussaint L'agence Tabath, proche d'al-Qaïda, a proféré de nouvelles menaces ces derniers jours en pleine polémique sur la publication des caricatures du prophète Mahomet.

"On a été prévenu qu'il y avait des menaces", rappelle Gil Florini, Curé doyen de Nice Centre.

Article original publié sur BFMTV.com