«Trois traitements sont nécessaires contre le sarin: deux sont épuisés, le troisième est absent de Syrie»

Libération.fr
Sur cette image diffusée via des réseaux sociaux, des secouristes tentent de décontaminer au jet d'eau une victime d'une attaque probablement menée au sarin à Khan Sheikhoun, en Syrie.

Après les frappes du régime syrien sur le village de Khan Cheikhoun, dans le Nord-Ouest du pays, mardi, Raphaël Pitti, médecin français impliqué dans la formation des personnels médicaux syriens, détaille les caractéristiques de cette attaque chimique.

Raphaël Pitti, ex-médecin de guerre français, s’est rendu 18 fois en Syrie depuis le début de la guerre, il y a six ans, avec l’Union des organisations de secours et de soins médicaux (UOSSM), pour transmettre son savoir-faire à des médecins, des infirmiers et des secouristes. Au total, 8 000 Syriens sont passés par ses centres de formations, souvent clandestins : plusieurs d’entre eux étaient présents à Khan Cheikhoun ce mardi. Raphaël Pitti a conversé avec eux tout au long de la journée, après l'attaque chimique menée sur le village.

Quelles informations ont recueilli les médecins présents sur les lieux de la frappe ?

Dès 7 heures du matin, des médecins sur place ont commencé à poster sur un forum commun à l’UOSSM des informations sur l’attaque. Les Casques blancs, envoyés sur place, ne se doutaient pas que des armes chimiques avaient été utilisées. Ne portant aucune protection, ils ont été contaminés à leur tour. Ces secouristes ont, par ailleurs, dit avoir vu deux passages d'avions chasseurs Sukhoi-22 qui ont largué des missiles sur un quartier d’habitations de la ville. Il y a eu deux explosions.

Selon vous, il s’agissait bien d’une attaque chimique ?

C’est évident qu’un gaz neurotoxique a été utilisé. Tous les symptômes cliniques concordent  : hyperstimulation du système nerveux qui provoque le coma, pupilles extrêmement rétrécies qui ne réagissent plus à la lumière, blocage de l’appareil respiratoire, stimulation des sécrétions buccales (bave) qui aggrave une asphyxie profonde, convulsions musculaires permanentes (les victimes «battent des ailes»), douleurs abdominales, diarrhées, incontinence… ce sont tous les symptômes provoqués par le gaz sarin.

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