Trois questions sur l'Aide médicale d'État que le gouvernement veut réformer

LExpress.fr
Selon le patron de LREM, Stanislas Guerini, des immigrées en situation irrégulière profiteraient de l'Aide médicale d'État pour se faire poser des prothèses mammaires.

L'aide médicale d'Etat (AME), réservée aux sans-papiers, est dans le viseur du gouvernement, qui veut la réformer. Le sujet est à l'ordre du jour du débat parlementaire sur la politique migratoire, attendu fin septembre à l'Assemblée. En cause ? Des soupçons d'"abus". Le patron de La République en Marche, Stanislas Guerini, a affirmé mardi que cette aide avait notamment permis à des bénéficiaires de se faire poser des prothèses mammaires, pour des raisons esthétiques. Quelles sont vraiment ces fraudes à l'AME ? Des migrants en profitent-ils pour bénéficier de soins de confort ? L'Express a tenté de démêler le vrai du faux. 

  • En quoi consiste l'Aide médicale d'État ?

L'Aide médicale d'État permet aux étrangers qui se trouvent en situation irrégulière en France de bénéficier d'un accès aux soins médicaux. Elle est attribuée sur demande et sous certaines conditions, notamment celles de vivre depuis au moins 3 mois sur le territoire et de percevoir des ressources inférieures à certains plafonds.  

Accordée pour un an renouvelable, l'AME vient en aide à plus de 300 000 personnes aujourd'hui, pour un coût global qui avoisine le milliard d'euros. Elle prend en charge à 100% les tarifs des soins médicaux et hospitaliers fixés par l'Assurance maladie, que ce soit les consultations, les examens ou les soins. D'après le ministère de la Santé, contacté par L'Express, cela concerne "surtout les soins courants et ceux nécessaires aux femmes enceintes". Un rapport parlementaire de 2015 précisait que 70% des coûts de l'AME résultaient de frais hospitaliers liés à la tuberculose, le VIH ou encore l'accouchement par césarienne.  

Les bénéficiaires de l'AME peuvent choisir librement leurs prestataires et sont dispensés d'avancer les frais. Ce dispositif a pour but d'éviter l'exclusion des personnes les plus précaires du parcours de santé et ainsi empêcher, entre-autres, que se répandent des épidémies.  

  • Pourquoi est-elle critiquée ?

S'il n'est pas question de remettre en cause l'existence de c...Lire la suite sur L'Express.fr