Trois nuits de violences à Avion et plusieurs interpellations

De nouvelles arrestations ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi à Avion (Pas-de-Calais) pour les violences urbaines qui agitent depuis mardi cette petite ville du bassin minier, où l'appel au calme lancé par le maire semblait être respecté vendredi en début de nuit.

Cette cité d'ordinaire très calme a connu trois nuits de tensions, qui ont conduit à l'ouverture d'enquêtes judiciaires pour incendies volontaires, dégradations et violences sur les forces de l'ordre, et à huit interpellations au total.

Vendredi, en début de nuit, la situation était "calme" dans le quartier République, placé sous haute surveillance policière, et aucun événement particulier n'avait été signalé "pour le moment", selon la préfecture du Pas-de-Calais.

Quatre personnes avaient été interpellées dans la nuit de mercredi à jeudi, soupçonnées de jets de pierre et de projectiles en direction des policiers venus sécuriser le quartier République, théâtre d'incendies volontaires la nuit précédente.

Ces quatre personnes ont été déférées vendredi après-midi, dont trois au parquet d'Arras et une quatrième, mineure, devant le tribunal de grande instance de Béthune.

Deux ont été placées sous contrôle judiciaire en attendant leur comparution le 27 août devant le tribunal correctionnel d'Arras pour violences sur des policiers et attroupement armé, et la troisième comparaîtra pour participation non armée à un attroupement, a indiqué à l'AFP le procureur de la République d'Arras, Hugues Weremme.

Deux hommes, âgés d'environ 25 ans et 35 ans et résidant à Avion, étaient toujours en garde à vue vendredi soir après avoir été interpellés dans la nuit de jeudi à vendredi pour des incendies volontaires.

Deux autres personnes, soupçonnées de vols dans un magasin Leader Price, dont la réserve a été incendiée dans la nuit de mardi à mercredi, sont quant à elles ressorties libres, après avoir été placées en garde à vue vendredi, aucun élément ne permettant de les mettre en cause, a souligné le procureur d'Arras.

Programme de rénovation urbaine

Programme de rénovation urbaine

Le quartier République, point de départ mardi soir des tensions, qui fait l'objet depuis plusieurs années d'un important programme de rénovation urbaine, est constitué essentiellement de petits immeubles et de maisons.

Des rues boisées, des allées piétonnes, parsemées de jeux d'enfants, entourent les constructions à l'aspect propret, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les violences sont parties d'un accident de la circulation mardi en fin d'après-midi : un jeune du quartier qui roulait trop vite à scooter, connu pour divers délits, dont routiers, a été grièvement blessé après avoir percuté un véhicule qui sortait d'un parking et souffre de fractures, mais n'est pas en danger de mort.

Des "rumeurs" peu après l'accident ont conduit à l'embrasement du quartier et à plusieurs incendies, a expliqué à l'AFP le commissaire divisionnaire Jean Ollier, directeur départemental adjoint de la sécurité publique.

Première rumeur, la prise du chasse du scooter par la police n'est "absolument pas avérée", la seconde, celle de propos hostiles tenus par un policier, n'est pas à l'heure actuelle prouvée, mais est "prise en compte dans l'enquête administrative ouverte", a poursuivi le commissaire Ollier.

Plusieurs jeunes du quartier évoquent des "propos raciaux" tenus par un policier et un "mouvement de colère pour se faire entendre".

Environ 80 policiers ont été déployés dans le quartier dans la nuit de mercredi à jeudi, et certains ont subi des jets de projectiles et répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes.

"Grâce au dispositif policier mis en place", reconduit vendredi soir, la nuit de jeudi à vendredi a été "calme" à République, mais c'est en périphérie que plusieurs incendies ont été constatés, ceux d'épaves de voitures, d'un vestiaire accolé à un gymnase, et de trois véhicules, a indiqué le commissaire Ollier.

Jean-Marc Tellier, maire d'Avion (PCF), établit une nette distinction entre la première nuit de troubles, une "protestation" des jeunes du quartier, et la troisième, qui implique des "voyous".

Dans une lettre ouverte à la population, distribuée vendredi soir, le maire appelle les habitants à favoriser le retour au calme en restant chez eux.

Il laisse planer le risque d'une annulation des traditionnelles animations d'été, si la situation ne s'arrangeait pas, dans ce quartier calme (...) où il y a une vie associative forte", même s'il compte 45% de demandeurs d'emploi.

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