Trois morts dans une attaque à Elad, dans le centre d'Israël

La police israélienne et des médecins près du lieu de l'attaque à Elad ce jeudi en Israel. - Ahmad GHARABLI

Le pays célèbre le 74e anniversaire de la création de l'Etat hébreu, coïncidant avec la fin des célébrations musulmanes de l'Aïd al-Fitr.

Au moins trois personnes ont été tuées jeudi soir lors d'une attaque à Elad, ville israélienne située dans la grande banlieue de Tel-Aviv, dernière en date visant l'Etat hébreu qui célèbre son 74e anniversaire.

La police n'a donné aucune précision sur l'identité des assaillants et les circonstances de l'attaque, qui selon la Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge, a également fait quatre blessés, dont trois grièvement.

La sixième attaque depuis le 22 mars

Il s'agit de la sixième attaque anti-israélienne depuis le 22 mars dernier. Elle est survenue dans la ville d'Elad (dans le centre), qui compte environ 50.000 habitants dont de nombreux juifs ultra-orthodoxes. Le Hamas et le Jihad islamique palestiniens ont "célébré" une attaque "héroïque", la qualifiant de "réaction" aux tensions à Jérusalem.

"La scène de l'attaque était complexe", selon le secouriste israélien Alon Rizkan, de la MDA, qui dit avoir vu un homme âgé de 40 ans mort près d'un rond-point, puis un autre homme inconscient dans un parc adjacent, dont le décès a finalement été prononcé, et un autre à ses côtés qui a succombé à ses blessures.

Peu après l'attaque qui n'a pas été revendiquée, des policiers et des soldats quadrillaient Elad, a constaté un photographe de l'AFP, alors que des médias israéliens suggéraient que les meurtriers étaient en cavale. Cette attaque porte à 18 le nombre de personnes tuées dans les attaques anti-israéliennes depuis le 22 mars dernier, dont certaines ont été perpétrées par des Arabes israéliens et d'autres par des Palestiniens.

Dans la foulée des premières attaques, les forces israéliennes ont mené une série d'opérations en Cisjordanie occupée. Au total, au moins 26 Palestiniens, dont des assaillants, ont été tués dans des violences depuis le 22 mars.

En parallèle, des heurts entre policiers israéliens et des Palestiniens ont fait près de 300 blessés sur l'esplanade des Mosquées, située dans la partie palestinienne de Jérusalem, occupée depuis 1967 par Israël.

Nouveaux accrochages

"Cette opération témoigne de la colère de notre peuple face aux attaques de l'occupation contre les lieux saints", a déclaré à propos de l'attaque d'Elad, le porte-parole du Hamas Hazem Qassem.

"La prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa ne peut rester impunie", a ajouté ce responsable du mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de 2,3 millions d'habitants sous blocus israélien.

"La profanation par les forces d'occupation (nom donné à la police et l'armée israélienne par des Palestiniens) et des gangs de colons à Al-Aqsa a franchi toutes les lignes rouges", a renchéri Muhammad Hamid Abu Al-Hassan, du bureau politique du Jihad islamique.

Plus tôt jeudi, de nouveaux accrochages ont éclaté entre policiers israéliens et des Palestiniens sur l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, où des fidèles juifs ont recommencé à se rendre en nombre malgré les craintes d'une nouvelle escalade de violence.

Des fidèles juifs sur l'esplanade des Mosquées

Après une pause de plusieurs jours liée à la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, des fidèles juifs se sont rendus sur l'esplanade jeudi, jour anniversaire de la création de l'Etat d'Israël qui coïncidait avec la fin des célébrations musulmanes de l'Aïd al-Fitr.

En vertu d'un statu quo tacite, les non-musulmans peuvent se rendre sur l'esplanade - troisième lieu saint de l'islam et lieu le plus sacré du judaïsme sous son nom de "Mont du Temple" - mais sans y prier. Or un nombre croissant de juifs s'y rendent et le fait que certains d'entre eux y prient subrepticement, suscitent des craintes d'une remise en cause de ce statu quo chez de nombreux musulmans.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement israélien de Naftali Bennett a répété ne pas vouloir changer le statu quo en vigueur sur l'esplanade, un foyer de tensions à Jérusalem, et mené des pourparlers avec la Jordanie, pays voisin qui administre le lieu saint musulman, dans l'espoir d'éviter des dérapages.

Le gouvernement israélien, qui contrôle l'accès au site, a maintenu sa réouverture jeudi aux juifs malgré des appels de responsables palestiniens et de pays de la région qui craignaient de nouveaux heurts.

La décision du gouvernement Bennett est "une déclaration officielle israélienne de guerre de religion qui enflammera toute la région", a déclaré le ministère palestinien des Affaires étrangères.

Article original publié sur BFMTV.com

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