Trois millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2015

A Caracas. Trois millions de Vénézuéliens ont fui leur pays pour échapper aux violences et aux pénuries de nourriture de médicaments, en grande majorité depuis 2015, ont annoncé jeudi les Nations unies. /Photo prise le 7 novembre 2018/REUTERS/Marco Bello (Reuters)

GENEVE (Reuters) - Trois millions de Vénézuéliens ont fui leur pays pour échapper aux violences et aux pénuries de nourriture de médicaments, en grande majorité depuis 2015, ont annoncé jeudi les Nations unies.

L'exode, estimé à 2,6 millions de personnes plus tôt cette année, s'est encore accéléré au cours des six derniers mois, précise William Spindler du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué conjoint avec l'agence de l'Onu pour les migrations (OIM).

La Colombie et le Pérou continuent d'être les principaux pays d'accueil et des chiffres sont désormais disponibles pour les Caraïbes, ajoute-t-il.

La Colombie héberge à elle seule un million de Vénézuéliens, suivie du Pérou (500.000) et de l'Equateur (220.000). Le Chili, l'Argentine et le Brésil en accueillent plus ou moins 100.000, de même que le Panama en Amérique centrale.

Selon Bogota, quelque 3.000 personnes franchissent chaque jour la frontière entre le Venezuela et la Colombie.

"Les pays d'Amérique latine et des Caraïbes ont largement maintenu leur politique louable de portes ouvertes à l'égard des réfugiés et des migrants du Venezuela ; toutefois, leur capacité de réception est mise à rude épreuve, ce qui exige une réponse plus robuste et immédiate de la part de la communauté internationale pour que se poursuivent cette générosité et cette solidarité", commente Eduardo Stein, représentant spécial conjoint HCR-OIM pour les réfugiés vénézuéliens.

Le président Nicolas Maduro et d'autres responsables vénézuéliens récusent les chiffres de l'Onu, affirmant qu'il s'agit de "fake news" alarmistes destinées à justifier une intervention étrangère dans les affaires intérieures du Venezuela.

(Stéphanie Nebehay; Tangi Salaün pour le service français)