Trois enquêtes ouvertes après des menaces "exacerbées" contre l'imam Chalghoumi

Ma. D.
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Hassen Chalghoumi - Image d'illustration  - Ludovic MARIN / AFP / POOL
Hassen Chalghoumi - Image d'illustration - Ludovic MARIN / AFP / POOL

L'imam Hassen Chalghoumi, un pourfendeur de l'intégrisme islamiste, fait l'objet de "menaces exacerbées" depuis la mort de Samuel Paty, selon son avocat qui a écrit un courrier à Emmanuel Macron et obtenu l'ouverture de trois enquêtes notamment pour "menaces de mort", a appris l'Agence France-Presse (AFP) ce dimanche.

Hassen Chalghoumi, imam à la mosquée de Drancy en Seine-Siant-Denis, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, est connu pour ses prises de position contre l'intégrisme et ses rapports d'amitié avec la communauté juive, qui lui valent critiques et menaces, largement relayées sur internet.

Selon son avocat Me David-Olivier Kaminski, il fait l'objet d'une menace "complètement exacerbée" depuis la décapitation mi-octobre de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie au collège de Conflans-Sainte-Honorine.

"Il ne s'exprime pas au nom des musulmans mais est une des voix, et défend les valeurs de la République", a souligné son avocat.

Victime d'une "fatwa"

Me Kaminski a écrit le 27 octobre un courrier au chef de l'Etat, révélé par Le Parisien et consulté par l'AFP, pour demander un "renfort" de la protection policière autour de son client. Me Kaminski a aussi adressé au moins trois plaintes au parquet de Paris concernant les menaces "par milliers" et la "fatwa" dont Hassen Chalghoumi, âgé de 48 ans, fait l'objet.

Trois enquêtes ont été ouvertes et confiées à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, a indiqué ce dimanche le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien.

"L'une porte sur des faits d'apologie du terrorisme et de menace de mort, une autre sur des faits de provocation à la commission d'atteinte à l'intégrité physique ou à la vie et la dernière sur des faits de menaces de mort", a précisé le parquet.

La cible d'un collectif pro-palestinien

A la suite de l'assassinat de Samuel Paty, l'imam de la mosquée de Drancy s'était recueilli en compagnie de représentants du culte musulman d'Île-de-France devant le collège où officiait l'enseignant.Hassen Chalghoumi avait notamment été la cible du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le fondateur Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste radical, a été mis en examen dans l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty.

Le collectif avait déclenché en 2010 une cabale contre cet imam, en manifestant pendant des mois devant la mosquée de Drancy. Deux membres de l'organisation avaient même été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir tenté de s'introduire au domicile de l'imam.

Article original publié sur BFMTV.com