Trois de ses enfants sont morts par noyade dans un lac en 2018, cette maman témoigne

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Le lac des Prés Saint-Jean, où les trois enfants se sont noyés en juillet 2018.  - BFMTV
Le lac des Prés Saint-Jean, où les trois enfants se sont noyés en juillet 2018. - BFMTV

C'était le 8 juillet 2018. Ce jour-là, Lallia, 37 ans, a perdu trois de ses cinq enfants, morts par noyade dans le lac des Prés Saint-Jean, le "lac de la ZUP" comme l'appellent les habitants de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Assia, 9 ans, Abdelkader, 10 ans et Abdelramen, 13 ans ont perdu la vie, sous les yeux de leurs deux autres sœurs, alors qu'ils étaient gardés par leur belle-mère.

Jeudi dernier, plus de trois ans après le drame, Lallia a été entendue par la juge d’instruction en charge de l’affaire, comme le rapporte Le Parisien. Depuis, elle a quitté Chalon avec ses deux filles pour vivre outre-Manche, à Manchester. 

"Il fallait que je m’éloigne de tout le monde, de tout ça", exprime-t-elle.

"Je m’en veux de les avoir laissés" 

Ce week-end-là, les cinq enfants étaient gardés par leur père, séparé de Lillia. Le dimanche, leur belle-mère les emmènent au lac, avec ses trois autres enfants. Selon un témoin, au moment de la noyade, cette dernière se trouvait près du parc à jeux, trop loin du bord du lac pour apercevoir et surveiller les enfants.

Assia et Abdelkader commencent à se débattre dans l'eau. "Mes enfants étaient déjà allés à la mer et à la piscine mais ils ne maîtrisaient pas la nage", explique leur mère. Leur grand-frère, Abdelramen, se jette alors à l'eau pour les sauver. Les trois corps seront retrouvés à 8 mètres sous l'eau.

En rapportant une première version des faits, la belle-mère expliquait que les enfants ne devaient que se tremper les pieds. Toutefois, elle a admis plus tard qu'une baignade était effectivement prévue, des affaires de bain se trouvant dans les sacs. "Je m’en veux de les avoir laissés ce jour-là", admet Lallia.

Baignade interdite

La belle-mère est, depuis, mise en examen pour homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité, rapporte. 

"Elle a commis une négligence tellement forte. Elle se trouvait à 100 mètres sans visibilité", affirme Lillia au Parisien.

Toutefois, les deux femmes se rejoignent sur un point: le maire de la ville, Gilles Platret (LR) doit être tenu responsable car aucun panneau indiquant l'interdiction de la baignade n'était visible, malgré la dangerosité du site et du lac. Une absence notamment constatée par les policiers le jour de la tragédie. Lillia, par le biais de son avocat, a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour homicide involontaire contre Gilles Platret.

D'après les informations recueillies par Le Parisien, la baignade est interdite au lac des Prés Saint-Jean depuis 1999, en raison des "risques d’accotements dangereux des berges pour cause d’enlisement, présence d’enrochements, berges non surveillées". 

En effet, le dénivelé y est important et très vite, le fond se trouve à plusieurs mètres sous l'eau. Entendu, Gilles Platret s’est défendu en expliquant "qu'il y a une connaissance locale de l’interdiction de baignade sur ce lac", rapporte Le Parisien.

Article original publié sur BFMTV.com

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