Trois ans après la mort de son fils dans un ascenseur, une mère demande des comptes

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Des fleurs déposées devant le centre commercial à Argenteuil, à l'époque des faits en juin 2018. - BFMTV
Des fleurs déposées devant le centre commercial à Argenteuil, à l'époque des faits en juin 2018. - BFMTV

De ce 8 juin 2018, elle semble se souvenir de tout. Du sourire de son fils Ismaïl, celui qu'il avait "pour lui demander quelque chose" selon ses termes, de ses derniers mots - "Maman, je peux faire un tour de manège?"- et puis du souffle qui l'a rejetée en arrière, elle et l'ensemble des occupants de l'ascenseur.

Une bourrasque consécutive à la chute de l'appareil qui a écrasé le torse d'Ismaïl, alors âgé de quatre ans. Trois années ont passé depuis l'accident, mais la mère endeuillée assure que l'enquête piétine. C'est pourquoi, elle a livré un témoignage déchirant dans Le Parisien de ce vendredi.

Une pétition en ligne a recueilli plus de 70.000 signatures

Elle explique d'abord au journal que "si la justice avait fait le nécessaire", elle n'aurait pas eu à prendre cette parole. Sauf que trois ans après le drame survenu au centre commercial Côté Seine à Argenteuil, dans le Val-d'Oise - où elle résidait alors en famille mais a quitté en raison du traumatisme -, l'enquête ne compte ni mise en examen ni audition d'un éventuel responsable, malgré la production d'expertises remettant en cause le sérieux de la maintenance de la nacelle ou des vérifications à son endroit.

Elle a expliqué le but de sa démarche: pousser la justice à passer la vitesse supérieure. Une pétition en ligne a déjà recueilli par ailleurs plus de 70.000 signatures d'internautes en ce sens.

"La lenteur de la part de la justice nous empêche de faire notre deuil mais aussi qui pourrait amener ces entreprises, si ce n’est pas déjà le cas, à commettre encore des négligences en risquant la vie de petits et grands Ismaïl… Merci de signer et partager la pétition pour que justice nous soit enfin rendue!", peut-on lire dans le texte de la pétition.

"Comment peut-on faire le deuil en étant dans l’attente? C’est compliqué pour avancer", se demande-t-elle encore dans les colonnes du Parisien.

"Je ne veux pas y croire"

Si compliqué que pendant très longtemps, elle a tu sa tragédie. Avant de rompre le silence sur les réseaux sociaux, notamment à travers ce long post paru sur Facebook en septembre dans lequel elle a fait le récit de l'accident qui a emporté la vie de son fils.

C'est pour acheter de quoi stocker des gâteaux que Chahra-Zad se rend au centre commercial voisin en ce 8 juin 2018, une petite semaine avant l'Aïd qui signera l'ultime rupture du jeûne du ramadan.

Elle est accompagnée de ses garçons, Ismaïl et Imran, mais aussi de sa soeur, elle-même entourée de ses enfants. Ils empruntent l'ascenseur qui doit les conduire du parking souterrain au centre commercial. Mais, parvenu au 1er étage, c'est la chute, au moment même où Ismaïl sort de la cabine. Il en a le torse écrasé.

"Mon bébé, Ismaïl… Je crie, je frappe, je ne veux pas y croire", a écrit la mère dans sa publication Facebook. Dans ces premiers instants, elle est même dans le déni.

Elle indique ainsi avoir "voulu se jeter dans le vide" plutôt que de regarder en direction de ses garçons. Des jeunes, qui viennent alors secourir les accidentés, répondent même à ses suppliques qu'Ismaïl est toujours vivant, sans doute pour ne pas la désespérer. C'est un médecin qui la détrompera plus tard.

Déjà endeuillée

Le coup est alors d'autant plus rude que Chahra-Zad a déjà perdu un enfant: sa fille Sakina, en mars 2015. Celle-ci était née bien avant terme, à seulement cinq mois de grossesse, et s'était éteinte après dix jours.

Imran, alors âgé de six ans, a lui réchappé à ce drame auquel il a assisté dans son intégralité. Il en est bien sûr ressorti profondément affecté. "Il a vu son frère mourir. Moi, j’étais à terre et j’ai dû me relever pour lui trouver un psychologue", dévoile Chahra-Zad au Parisien. "Aujourd’hui, il a 10 ans, et c’est devenu quelqu’un de très anxieux, très stressé. Il se sent obligé de surveiller sa petite sœur", ajoute-t-elle.

Chahra-Zad a en effet connu un événement bien plus heureux il y a deux ans: la naissance de sa petite Nélya.

Article original publié sur BFMTV.com

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