TRIBUNE. Plan de relance européen : pour une "Union de la lutte contre la pauvreté"

Voici la tribune de Saïd Ahamada, Sylvie Brunet et Stéphane Séjourné : "Le manque de solidarité est un danger mortel pour l'Union européenne". Cet avertissement lancé à l'orée de la pandémie du Covid-19 par Jacques Delors aux dirigeants des Vingt-Sept a semble-t-il été entendu. L'ampleur inédite du projet de plan de relance – 750 milliards d'euros – et le franchissement du Rubicon que constitue l'émission d'une dette commune mutualisée à destination principalement des pays les plus touchés ou à faible solvabilité sont des avancées sans précédent.

Tout se passe comme si l'Union européenne de 2020 et le couple franco-allemand au premier rang avaient retenu les leçons de la crise de la décennie précédente en privilégiant la solidarité à l'orthodoxie budgétaire. Nonobstant, derrière ces premiers satisfécits, c'est le "désir d'Europe" qui doit être refondé autour d'un enjeu fondamental : la lutte contre la pauvreté.

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À l'instar de la santé, l'Union n'a que des compétences limitées en matière de pauvreté

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Obéissant à l'origine à des considérations stricto sensu économiques, l'Union européenne s'est néanmoins penchée de manière récurrente sur la construction d'une "Europe sociale", édifiée en toile de fond et par petites touches au fil de sa construction. Si les traités successifs de Maastricht, Amsterdam, Nice et Lisbonne ont doté l'Europe d'un "agenda social" et depuis 2017 d'un Socle européen des droits sociaux, force est de constater qu'en dépit de ces avancées mezzo voce, beau...


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