TRIBUNE. « Ne privons pas l’Afrique de ses médecins »

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Voici leur tribune : « Pour répondre à la pénurie, est-ce une bonne solution de vouloir attirer en France les médecins de pays africains. ? Dans son projet de loi visant à la fois à limiter l’immigration illégale et à mieux intégrer les migrants en règle, le gouvernement prévoit de créer une nouvelle carte de séjour dénommée « talent-professions médicales et de pharmacie », destinée aux professionnels de santé. Cette mesure vise à “améliorer l’attractivité du droit au séjour pour ces publics qualifiés (médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, pharmaciens)”.

On pourrait se féliciter que le gouvernement veuille améliorer les conditions d’accueil et d’exercice des 10 000 médecins étrangers exerçant en France avec un diplôme hors Union européenne. La vérité est que ces médecins sont aujourd’hui indispensables au fonctionnement de nos hôpitaux, victimes d’une politique prolongée d’austérité. Ils ont participé en première ligne à la lutte contre la pandémie mais gardent un statut précaire et restent victimes de discriminations. Ils méritent bien sûr que leur situation s’améliore.

Mais le manque de professionnels de santé, et notamment de médecins, est le résultat d’une politique malthusienne ayant mis en œuvre un numerus clausus de plus en plus resserré pendant près de trente ans. Le nombre d’étudiants admis en faculté de médecine est passé de 8 500 au début des années 1970 à seulement 3 800 en 2000 tandis que la Sécurité sociale a payé jusqu’à cette date la retraite anticip...


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