Tribune de militaires: vif échange entre le général Antoine Martinez et le journaliste Thomas Legrand

Jeanne Bulant
·2 min de lecture
Le journaliste Thomas Legrand (à gauche) et le général Antoine Martinez (à droite). - BFMTV
Le journaliste Thomas Legrand (à gauche) et le général Antoine Martinez (à droite). - BFMTV

Un vif échange a eu lieu mardi en fin d'après-midi sur le plateau de BFMTV entre le général de l'armée de l'air Antoine Martinez, signataire de la tribune de militaires controversée publiée mercredi, et le journaliste et éditorialiste politique Thomas Legrand au sujet du fameux texte.

"Nous n'appelons pas à un putsch, nous nous plions à la démocratie et aux règles de la démocratie!", a d'abord martelé sur BFMTV le général Antoine Martinez, rappelant qu'il n'avait présenté sa candidature à la présidentielle de 2022 "que le 10 juillet de l'année dernière".

Mercredi dernier, une vingtaine de généraux ont signé un texte publié par l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, texte qui dénonce le "délitement" de la société française. Ils appellent à "un retour de l'honneur de nos gouvernants" et dénoncent un "délitement qui frappe notre patrie", "à travers un certain antiracisme", et "l'islamisme et les hordes de banlieue".

"Les généraux, ça se tait et ça obéit"

"Je ne veux pas en parler avec vous qui êtes militaire d'active (c'est-à-dire un officier de carrière ou de réserve en activité)", a répondu Thomas Legrand, éditorialiste à France Inter à son interlocuteur. Il lui reproche notamment ses prises de position alors que les militaires en exercice sont tenus à un certain devoir de réserve.

"Les généraux qui signent cette tribune, ils signent tous en tant que généraux, militaires d'actives", poursuit le journaliste. "Or un militaire ça ne répond de rien! Un militaire, ça répond aux ordres du pouvoir civil!".

"Et si un jour le pouvoir civil vous demande d'intervenir, vous interviendrez. Vous êtes comme un canon ou un fusil. Vous êtes un outil!", a encore abondé l'éditorialiste. Et d'ajouter: "Les généraux, ça se tait et ça obéit. C'est ça la démocratie...".

"Vous n'avez pas à décider!"

Ce à quoi le général Antoine Martinez lui a fermement rétorqué: "Je suis désolé, je n'ai pas de leçon à recevoir sur ce plan-là", avant de se défendre: "Je suis général en deuxième section, j'ai un certain devoir de réserve et je ne mets pas en question les problèmes de doctrine d'emploi des armées ni de secret militaire. Je m'interroge simplement sur la situation dans laquelle notre pays est engagé".

Mais en signant cette tribune qui dénonce le "délitement de la France", Thomas Legrand considère que le général Martinez outrepasse ce fameux devoir de réserve, contrairement à ce qu'il prétend. Thomas Legrand déplore encore: "Vous dites dans votre texte: 'il arrivera un moment où l'armée sera obligée d'intervenir. Donc qui est-ce qui décide?", s'interroge le journaliste sur le plateau de BFMTV. "Ce n'est pas vous! Vous n'avez pas à décider! Vous n'avez pas à dire! Vous avez à vous taire et à obéir, c'est votre métier!".

Article original publié sur BFMTV.com