Tribune de militaires: qu'encourent les signataires du texte?

Patrick Sauce avec Clarisse Martin
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Des militaires lors du défilé du 14-Juillet, en 2020. - Ludovic Marin - AFP
Des militaires lors du défilé du 14-Juillet, en 2020. - Ludovic Marin - AFP

Près d'une semaine après sa publication sur le site de Valeurs Actuelles, la tribune de militaires dénonçant le "délitement" de la société française, notamment en raison d'un supposé "certain antiracisme" et "l'islamisme et les hordes de banlieue", suscite une vive polémique.

Le nom de 19 généraux - dont plusieurs sont proches de la mouvance identitaire ou du Rassemblement national - apparaît sur le site de l'hebdomadaire droitier. Tous sont présentés comme "2S", pour "deuxième section", c'est-à-dire des militaires qui ne font plus partie de "l'active" mais qui ne sont pas complètement à la retraite puisqu'ils peuvent encore être rappelés.

Des vérifications en cours

Le texte, encore ouvert à la signature sur le blog de son initiateur Jean-Pierre Fabre-Bernadac, rassemblait 30 généraux et 2500 militaires signataires ce mardi, selon notre éditorialiste politique internationale Ulysse Gosset.

Des vérifications sont en cours afin de vérifier le statut des signataires ainsi que leurs états de service. Ce mardi sur France Info, la ministre des Armées Florence Parly a déclaré avoir "demandé au chef d'état major d'appliquer les règles prévues dans le statut des militaires, c'est-à-dire des sanctions. (...) Le recensement est en cours et les sanctions tomberont".

Selon nos informations, 78 colonels se trouveraient parmi les signataires du texte. D'après le cabinet de Florence Parly, plusieurs niveaux de sanction sont prévus, en fonction du statut mais également du grade.

Si un militaire se révèle encore en activité, sa signature est en contravention avec le statut général de l'armée, qui impose à ses membres un devoir de réserve. En fonction du grade de l'intéressé, est encouru un avertissement, des jours d'arrêt ou encore une radiation des cadres. À noter que la radiation, qui correspond à une exclusion, a déjà été prononcée à l'encontre de l'un des signataires du texte, Christian Piquemal, en 2016, après sa participation à une manifestation anti-migrants à Calais.

Des sanctions allant jusqu'à la radiation

Les "2S" ainsi que les cadres de réserve qui se sont risqués à signer le texte sont également soumis au devoir de réserve et pourront également être sanctionnés. Ils encourent la radiation. Enfin, les soldats à la retraite n'ont plus d'obligation de réserve et n'encourent plus de sanction.

Les investigations actuelles sont menées au sein de chaque armée, et au sein des régiments qui les composent. À ce stade, le cabinet de la ministre des Armées indique ne pas être certain de la présence de militaires "d'active" parmi les signataires.

Article original publié sur BFMTV.com