TRIBUNE. L'hôpital public a besoin d'un choc structurel

Par Amine Umlil *
Le gouvernement lancera le 25 mai le « Ségur de la santé », une concertation censée reconstruire l’hôpital de demain

À l'occasion du futur « Ségur de la santé », Amine Umlil, praticien hospitalier, dénonce le désordre et les jeux de pouvoir qui règnent dans les hôpitaux.


La mission principale d'un hôpital public est le soin.

À l'occasion d'une maladie nouvellement identifiée (Covid-19), provoquée par un nouveau coronavirus (Sars-CoV-2), les professionnels de santé sont qualifiés de « héros ». Or en réalité, ces professionnels ne font qu'exercer leurs métiers respectifs. Ce qualificatif de « héros » nous paraît donc incompréhensible. Par ailleurs, cet actuel printemps viral a mis en évidence l'incapacité de l'hôpital public à gérer cette infection tout en maintenant son activité habituelle. La Covid-19 devient la première des urgences. Les autres pathologies, elles, auraient été reléguées à une position secondaire. Les autres décès, même quand ils sont évitables, seraient donc plus acceptables que ceux liés à la Covid-19.

Profitant de l'émotion suscitée par ce contexte, pour le moins étrange et exceptionnel, chez une population qui ne connaît pas bien le fonctionnement hospitalier, certaines voix tentent d'imputer cette incapacité de l'hôpital à un manque de moyens. La troupe met la pression sur l'exécutif. Or, là encore, et selon notre expérience acquise sur le terrain durant plus de vingt ans, de nombreuses preuves, vérifiables, démontrent que ladite incapacité hospitalière française n'est pas due uniquement à un manque de moyens.

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Citons l'exemple suivant : un poste d'« assistant spécialiste » est vacant au sein de la pharmacie à usage intérieur (PUI) d'un hôpital public. Ce poste est financé. Les candidats ne manquent pas : ce type de poste est recherché par les jeunes pharmaciens qui terminent leur formation d'interne en pharmacie. Mais le chef de service de cette PUI refuse de pourvoir ce poste. Dans le même temps, la sécurisation du (...)

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