TRIBUNE. L'avocat Alain Spilliaert : "La juste place de la victime dans le processus judiciaire"

Voici la tribune d'Alain Spilliaert : Dans le JDD du 21 juin dernier, des auteurs éminents s'élèvent contre "l'hystérie pénale" qui caractérise l'inflation actuelle de plaintes pénales déposées contre des acteurs de la lutte contre le Covid -19 , et que la "perspective du procès pénal pousse les dirigeants à se couvrir et inhibe l'action politique". Cette dérive semble effectivement préjudiciable. En l'espèce les recours d'avocats spécialisés contre l'Etat sur le fondement motivé d'une carence fautive, devant les juridictions administratives, et leurs demandes d'une mise en place d'un fonds d'indemnisation spécifique paraissent souvent plus adaptés.

Mais je ne suis pas d'accord avec cette phrase de l'article : "Reste la douleur des victimes. Si l 'on en croit la pratique dans la plupart des démocraties , les tribunaux ne sont pas le lieu privilégié pour qu ' elles s'expriment, sauf comme témoins. La primauté des victimes en France met à mal les principes du droit pénal et du droit constitutionnel",Cette généralisation me semble inadéquate.

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L'attention d'une nation au sort de ses victimes est un critère de progrès de la société démocratique

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L'attention d'une nation au sort de ses victimes, et notamment à leur place dans le processus judiciaire, est un critère de progrès de la société démocratique.

Notre procédure pénale française, se caractérise notamment, suite à un arrêt de la Cour de Cassation de 1906, par la faculté pour les victimes d'un crime ou d'un délit, qui ont per...


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