TRIBUNE. « Justice pénale et addiction : un déni de vulnérabilité »

La prison ou les soins ? Le traitement médiatico-judiciaire de l’affaire Palmade aura eu le bénéfice de mettre en lumière tant la méconnaissance certaine du grand public que le désintérêt dans l’institution judiciaire des problématiques d’addiction dans le traitement pénal des infractions qui y sont liées.

Si pour les soignants, ou les avocats, la détention est perçue comme facteur aggravant de l’addiction, plutôt que curatif, pour d’autres, elle est un enjeu de la récidive, l’idée sous-tendue étant que plus on serait malade, plus on serait dangereux.

Cette affaire a encore interrogé quand l’on sait que le taux d’occupation carcérale atteint en France des sommets, que l’offre de soins y reste bien inférieure à celle disponible en milieu libre, et que dans le même temps, une récente étude conclut que la moitié des personnes détenues interrogées dans ce cadre est concernée par une addiction, deux tiers à la sortie.

Cette pathologie n’est prise en compte, dans le cadre de l’appréciation de la peine, qu’à titre de circonstance aggravante

Marie-Alix Canu-Bernard

De fait, aux stades pré- comme post-sentenciel la question de la maladie addictive semble difficilement imprégner les juridictions pénales chargées de traiter les effets plutôt que les causes.

Pourtant reconnue comme telle, cette pathologie n’est donc prise en compte, dans l’appréciation de la personnalité des prévenus qu’à titre de seul renseignement, sinon comme constitutive d’un risque de réitération, et ...


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