TRIBUNE. Combien de gens faut-il affamer pour désengorger les hôpitaux ?

Collectif*
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Pendant les deux mois du confinement de mars, environ 1,3 million de personnes ont sollicité l'assistance du Secours populaire, dont 45 % étaient jusque-là inconnues de l’association.
Pendant les deux mois du confinement de mars, environ 1,3 million de personnes ont sollicité l'assistance du Secours populaire, dont 45 % étaient jusque-là inconnues de l’association.

« Une précarité jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. » C'est par ces mots que le Secours populaire commente la situation sociale de la France. L'ONG signale que, pendant les deux mois du confinement de mars, environ 1,3 million de personnes ont sollicité son assistance, dont 45 % étaient jusque-là inconnues de l'association. À titre de comparaison, ils étaient un peu plus de 3 millions sur l'ensemble de l'année 2019.

Ce constat s'ajoute aux 490 millions d'âmes qui, selon l'ONU, pourraient retomber dans une pauvreté multidimensionnelle. On peut ajouter à ce sinistre bilan la perte de chance pour ceux qui, aujourd'hui ou demain, auraient dû sortir de la pauvreté, mais verront leur condition misérable prolongée. Même si cette hécatombe indirecte est, il est vrai, plus difficile à chiffrer.

La crise économique provient davantage des mesures sanitaires que du virus lui-même

Cessons de nier notre culpabilité. Ce n'est pas le Covid-19 qui augmente en ce moment même le nombre de misérables dans le monde. Ce sont les mesures sanitaires prises pour ralentir l'épidémie. Il est vrai que la pandémie aurait ? quoi qu'il arrive et indépendamment des mesures sanitaires ? provoqué une récession de l'économie mondiale. Mais, ainsi que le suggère le bilan de la grippe espagnole, un virus comme celui que nous connaissons n'a pas les capacités de mettre, à lui seul, l'économie mondiale à genoux. Autrement dit, même ralentie par le virus, notre économie n'aurait jamais co [...] Lire la suite