Tribune des généraux : « Ce n’est pas un coup de force »

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Vue aérienne du ministère français des Armées, dans le 15e arrondissement de Paris.
Vue aérienne du ministère français des Armées, dans le 15e arrondissement de Paris.

Gaëtan de Royer est consultant en affaires publiques, spécialiste de stratégie politique. Il a notamment publié une étude sur le Mouvement bonapartiste durant l'épisode boulangiste et Aux Affiches, Citoyens ! (éditions du Mécène, 2015). Dans cet entretien, il revient sur les épisodes historiques ayant vu des généraux se prévalant de l'appui de l'armée pour entrer en politique.

Le Point : Vous êtes également un spécialiste de l'affaire Boulanger, du nom de ce général populiste qui, au XIXe siècle, avait suscité un éphémère mouvement d'opinion. Quelle analyse vous inspire les récentes tribunes de généraux ?

Gaëtan de Royer : Sur le fond, ces tribunes sont à la fois pauvres, en ne présentant aucune proposition, et faciles, en jouant sur la nostalgie d'une France vieillissante. Sur les plans historique et sociologique, elles s'inscrivent dans la tradition du rôle politique joué par l'armée au XIXe, période de frictions entre les principes issus de la Révolution et les aspirations à l'ordre. Par son coup d'État du 18 Brumaire, le général Bonaparte remet le fleuve révolutionnaire dans son lit. Puis, un siècle durant, l'armée arbitre ? le général de La Fayette en 1830 ? ou mate les insurrections : général Cavaignac en juin 1848, maréchal de Mac-Mahon durant la Commune? jusqu'à se sentir investie d'une mission civilisationnelle, et à tomber dans la fureur de classe : en 1871, les généraux ? tel Galliffet ? veulent achever le travail de 1848, et saignent les poches o [...] Lire la suite

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