TRIBUNE. « Pour financer l’école et la transition écologique, il nous faut travailler plus longtemps »

© Frederic Petry/Hans Lucas

Depuis 1995, la France chute continuellement dans les différents palmarès qui évaluent le niveau de ses élèves. En 2019, elle était avant-dernière du classement Timss parmi une trentaine de pays, loin derrière la Hongrie, la Bulgarie et la Slovaquie. Ces résultats concordent avec la diminution de la part des dépenses publiques consacrées à l’éducation, qui est passée de 117 à 97 euros sur 1 000 entre 1995 et 2022. À l’inverse, la part consacrée aux retraites est passée de 224 à 262 euros sur 1 000 au cours de la même période, faisant de la France un des pays où les dépenses de retraites sont les plus importantes au monde.

Les conséquences de ce choix politique sur le niveau scolaire du pays sont à l’origine d’un sentiment de déclin qui gagne les Français, et qui s’étend de plus en plus aux secteurs industriels et agricoles. À ces sombres perspectives s’ajoute désormais l’angoisse liée aux conséquences du réchauffement climatique. Angoisse d’autant plus légitime qu’en 2022 on consacrait seulement 35 euros sur 1 000 euros de dépenses publiques à l’environnement et à l’énergie : c’est sept fois moins que ce que l’on affectait aux retraites. On en vient à douter de la capacité du modèle productif français à financer son modèle social à long terme ; en témoigne le nombre croissant de jeunes qui pensent ne jamais recevoir de pension de retraite.

En substituant des impôts aux cotisations sociales, l’État aurait à nouveau les moyens d’investir dans ces secteurs stratégiques

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