TRIBUNE. Fin de vie : « L’école inclusive peut-elle continuer à exclure la mort ? »

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Un débat citoyen vient d’être initié en France autour du cadre d’accompagnement de la fin de vie. On regrettera qu’il n’ait pas été élargi, dans sa formulation, au rapport qu’entretient notre société moderne à la mort et au deuil. Cette question se pose avec une acuité d’autant plus vive qu’une crise sanitaire est venue questionner, par les préceptes hygiénistes qu’elle a imposés et par les ritualisations collectives qu’elle a empêchées, notre rapport individuel et collectif aux personnes âgées et aux mourants.

Loin d’être le seul apanage du grand âge, ces situations se posent pour tout citoyen et les plus jeunes d’entre eux sont tout autant concernés. Les procès en cours des attentats de Nice et de l’accident du bus scolaire de Millas nous rappellent tragiquement combien la jeunesse et l’école ne sont pas épargnées par l’immixtion de la mort. Alors que certains établissements scolaires ont été touchés par des décès en nombre de parents d’élèves, l’épidémie de coronavirus a elle aussi rendu ces sujets inévitables. Au-delà de ces moments de crise, ces situations sont bien plus fréquentes qu’on ne le pense mais passent hors des radars médiatiques et du périmètre des politiques publiques. Rappelons qu’en France, 610 000 jeunes de moins de 25 ans sont orphelins, soit en moyenne un jeune par classe. On estime aussi qu’entre 500 et 800 000 jeunes sont aidants d’un proche malade ou en situation de handicap. Certains enfants et adolescents peuvent eux-mêmes être en situation pallia...


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