TRIBUNE. Le chef cuisinier Thierry Marx : « L’alimentation ne doit pas être bradée »

© Riccardo Milani/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP

Voici sa tribune : « Notre ministre de l’Économie et des Finances a envisagé d’autoriser des “super promos” pour aider les consommateurs à faire face à l’inflation. Évidemment les agriculteurs ont dit non. Fin de partie ?

Pas vraiment. L’inflation rend fou, et ce genre de proposition reviendra. J’entends les thuriféraires du low cost murmurer, une main sur le cœur, l’autre sur le portefeuille : “Et si on ne peut pas baisser les prix, comment feront les plus pauvres ?” Je réponds que ce n’est pas à nos agriculteurs et plus largement aux métiers du  “bon” de régler le problème du pouvoir d’achat des Français : ils ne le peuvent pas. Ils sont dans le rouge. Cela accélérerait leurs faillites. Proposer de diminuer les prix, c’est faire croire aux Français qu’on en a sous le pied. C’est faux, illusoire et dangereux.

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Proposer de diminuer les prix, c’est faire croire aux Français qu’on en a sous le pied. C’est faux, illusoire et dangereux

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L’alimentation ne doit pas être bradée. Si, selon la formule connue, “nous sommes ce que nous mangeons”, alors notre manière d’aborder l’alimentation en dit beaucoup sur nous et nos renoncements. Aujourd’hui nous sommes tout près de l’envisager comme naguère l’industrie du textile ou du jouet en considérant que, ce qui compte, c’est le prix avant tout. Depuis, nous avons pu mesurer le résultat.

L’alimentation est essentielle à notre santé et à la santé économique du pays. Nous ne parlons pas d’un bien de consommation comme un autre. Elle nous cons...


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