TRIBUNE. "Censure de Donald Trump sur les réseaux sociaux : Mark Zuckerberg maître du monde?"

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Voici la tribune d'Olivier Babeau, président de l'Institut Sapiens : "Une crise démocratique peut en cacher une autre. Le fait le plus remarquable des récents événements américains est peut-être moins l'occupation spectaculaire du Capitole que la décision de grands réseaux sociaux de censurer le président encore en exercice. Peu importe que l'on approuve ou que l'on condamne l'attitude de Trump. Il ne s'agit pas non plus de se prononcer sur sa responsabilité dans les violences. Ce qu'il est important de relever, c'est que des entreprises privées, sans aucune légitimité démocratique, exercent de fait un pouvoir exorbitant de sélection des contenus visibles.

Accusés de propager la haine, le complot et le mensonge, les réseaux sociaux ont été soumis à une forte pression de la part de la puissance publique. Ils ont été enjoints de stopper le chaos informationnel né de la libération des expressions et des effets d'amplification des plus extrêmes d'entre elles. Ils ont dû intervenir pour modérer les contenus. On commence seulement à en mesurer les conséquences. Des plateformes comme Facebook ou Twitter décident du vrai et du faux, du montrable et de l'obscène, du dicible et de l'interdit. Elles assument ainsi à la fois le rôle de législateur, de procureur et de juge.

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Hier les politiques contrôlaient les médias. Aujourd'hui, les médias modèlent la politique à coups d'algorithmes.

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'Qui gardera les gardiens?' demandait Juvénal. Le système démocratique a organisé des systèmes de con...


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