TRIBUNE. Alain Bentolila : "Les langues régionales à l'école, un combat inutile et douteux"

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Voici la tribune du professeur de linguistique Alain Bentolila : "L'Histoire a traité de façon très inégale les différentes langues de notre pays. Le français a ainsi confisqué à son seul usage les cercles officiels de la communication, chassant du même coup d'autres langues de ces lieux de pouvoir. C'est le cas du breton, du basque, de l'occitan… Tous ces instruments de communication minorés, que l'on nomme dialectes ou patois, sont en fait des langues qui ont 'manqué de chance'. Elles possédaient tout comme la langue française des structures phonologiques, syntaxiques et lexicales qui leur eût assuré un égal potentiel de communication, mais on les sacrifia au nom d'un idéal républicain : une langue, une école, une armée.

 

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Apprendre à défendre la nation en français fut un facteur de mixité sociale

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Doit-on considérer que ce fut une décision injuste et arbitraire? Non! J'affirmerais aujourd'hui que ce fut au contraire une décision pertinente et éclairée. Élire le français comme notre langue commune fut en effet faire le choix du rassemblement. Éduquer en français dans nos écoles fut une décision de partage culturel et d'égalité des chances. Apprendre à défendre la nation en français fut un facteur de mixité sociale.

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La question que je veux poser est la suivante : 'Faut-il aujourd'hui tenter de redresser les torts de l'Histoire?' Faut-il, au nom du respect légitime dû aux spécificités culturelles, faire de ces langues, jusqu'ic...


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