TRIBUNE. Afghanistan : cessons de nous payer de mots

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Une femme vêtue d'une burqa vend des masques dans une rue de Kaboul, le 5 septembre 2021.
Une femme vêtue d'une burqa vend des masques dans une rue de Kaboul, le 5 septembre 2021.

On n?a pas fini de tirer les leçons de la chute de Kaboul aux mains des talibans. Il y en a une qui paraît plus urgente et plus générale que les autres, mais il n?est pas tout à fait certain qu?elle l?emporte : il faut absolument et définitivement que l?Occident en général et l?Europe en particulier arrêtent de se payer de mots.

Commençons par l?Afghanistan : comment avons-nous pu croire qu?il y avait un véritable État afghan pour lequel une véritable armée afghane était prête à se battre jusqu?au bout ? Comment avons-nous à ce point fermé les yeux sur la corruption du pays, les bataillons fantômes ou la faiblesse d?un gouvernement que la guerre a emporté comme un fétu de paille ? Joe Biden blâme les Afghans de ne pas avoir été à la hauteur. Mais que dire des litanies de déclarations américaines qui affirmaient le contraire quelques semaines à peine avant la chute de Kaboul ?

Naïveté ou cynisme ?

Le 18 mai, devant la Chambre des représentants, l?envoyé spécial américain Zalmay Khalilzad écartait tout risque que l?armée afghane se désintègre et que les talibans prennent rapidement Kaboul. Naïveté ou cynisme ? Dans un cas comme dans l?autre, le prix à payer est gigantesque. Erreur typique d?un néoconservateur américain qui avait cru en son temps que la guerre d?Irak apporterait la démocratie au Moyen-Orient ? Certes. Mais sommes-nous tout à fait à l?abri de ce travers ? Rappelons-nous les déclarations par lesquelles la France voyait il y a près de 10 ans Bachar [...] Lire la suite

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