TRIBUNE. 15 professionnels de santé mettent en garde contre le risque d'un "krach sanitaire" majeur

Voici leur lettre ouverte :

"Mesdames, Messieurs les député.e.s et sénateurs, sénatrices,

Vous allez définir le budget des hôpitaux dans le cadre du PLFSS. Si l’augmentation de l’ONDAM est fixée à 2.1% comme prévu, cela correspondra à un manque à gagner pour l’hôpital d’environ 1 milliard d’euros pour 2020.

Comme les usagers, la très grande majorité des personnels est attachée à l’hôpital Public. Beaucoup d’entre eux luttent chaque jour pour faire leur travail correctement et continuer à bien soigner. Mais l’hôpital est exsangue, les soignants sont à bout. Dans la quasi-totalité des hôpitaux des postes d’infirmières ou de cadres sont vacants. De plus en plus de médecins, chirurgiens, anesthésistes-réanimateurs, se résignent à quitter l’hôpital public, épuisés par des conditions de travail difficiles.

Tous les Français, qui sont vos électeurs, connaissent les conséquences de cette crise. Ils ont passé de nombreuses heures sur un lit-brancard aux urgences, ils habitent une région où l’accès aux soins se dégrade, que ce soit pour trouver un médecin disponible en ville ou dans l’hôpital de proximité vidé de ses forces vives. Même les CHU les plus prestigieux ne sont plus en mesure d’assurer la qualité et la sécurité des soins. Les infirmières dont le salaire est l’un des plus bas des pays de l’OCDE ont vu leur rythme de travail s'accélérer à tel point qu’elles ne peuvent souvent pas prendre le temps nécessaire pour parler avec les patients. Les blocs opératoires dysfonctionnent, a...


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